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Manuel de la langue de l'Avesta

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Manuel de la langue de l'Avesta

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SOAS University of London
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MANUEL
DE
LÀ LANGUE DE L’AVESTA


Louvain. Typ. de Ch. Pecters, rue de Narnur, 22


MANUEL
DE
LA LANGUE DE L’AVESTA
GRAMMAIRE, ANTHOLOGIE, LEXIQUE
AVEC UNE COURTE INTRODUCTION A L’ÉTUDE DE L’AVE ST A
ET LES HAS XI ET XXVIII DE LA VERSION DE NERIOSENGH
TRADUITS ET EXPLIQUÉS
PAR
C. DE HARLEZ
Professeur à l’Université de Louvain
DEUXIÈME ÉDITION REVUE ET AUGMENTÉE

PARIS
MAISONNEUVE ET Cic LIBRAIRES-ÉDITEURS
25. QUAI VOLTAIRE, 25
1882
NOUVELLB ADRESSA
& RU fi DU SABOT, rARIS'Vi'




PRÉFACE
Le rapide écoulement de la première édition de cet ouvrage
nous oblige à en donner une seconde plus tôt que nous l’eus-
sions voulu.
Nous nous sommes efforcé d’apporter à celle-ci les amé-
liorations désirables. Une courte introduction à l’étude de
l’Avesta a été ajoutée. La grammaire, plus synthétique, a
été notablement étendue. L’anthologie a été augmentée et la.
partie imprimée en transcription, réduite à quelques pages.
Les notes, plus nombreuses, ont été placées sous le texte.
Le texte a été partout (à part quelques passages irréduc-
tibles) ramené à une forme rhythmique ; les mots, supprimés
ou ajoutés pour obtenir ce résultat, ont été maintenus, mais
placés entre parenthèses. Nous ne donnons toutefois cette
reconstitution que sous réserve,. comme ce qui a pu être et
non comme ce qui a été. Il en est de..même des nombreuses
corrections faites au texte qui a été entièrement révisé.
Les mots zends du lexique sont imprimés en caractères
avestiques et en transcription ; la partie comparative a été
considérablement amplifiée. Aux mots sanscrits et européens
ont été ajoutés les principaux termes pehlevis, persans et
arméniens correspondants aux mots zends.
Pour la transcription des mots avestiques, nous avons
suivi le système expliqué dans nos Études éraniennes. Nous
en avons excepté le signe co qui a été maintenu en vue de
l’uniformité, et la distinction entre o et ô qui, .ne correspon-
dant à aucune forme avestique, ne pouvaient être employés
ici ; la transcription a pour but de reproduire fidèlement
et non de corriger.
Les caractères sont considérés comme identiques
quant à la valeur ; le second sert, quand la forme des lettres
précédentes empêchent l’emploi du premier.


VI
Les deux y initiaux bien qu’appartenant respectivement à
la Perse et à l’Inde, sont employés, assez indifféremment
dans les manuscrits.
On ne pouvait ici toucher aux questions du système pri-
mitif des voyelles, de la nature longue ou brève des racines,
et des suffixes, de l’existence de la nasalis sonans, etc., non
plus qu’à celles concernant le nombre originaire des a indo-
celtiques et leur distribution entre les voyelles avestiques.
A l’exemple de Whitney, Bôlitlingk, etc., nous nous en
sommes tenu aux théories régnantes jusqu’ici. On peut
aisément admettre que les racines de la P'e classe avaient
primitivement la voyelle longue ou la diphthongue. Ex. ram,
bliôj (çsu/). Pour les autres classes cela est moins probable.
On ne doit prendre ici le mot racine que comme désignant
la forme la plus brève de l'élément simple servant à la forma-
tion des mots. Les racines dites en à, donnant le thème aya,
sont aussi considérées comme étant originairement en ai.
On pourra trouver la nasale sonnante dans la soi-disante
8e classe verbale, dans les formes en a qui ont perdu le n.
Ex. nâma (de nâmari), dâmabyô (de dâmari) drvatak (de
drvaV), dans pant'âm, zâm, zyâm (p. panVanm zamm,
zyamm?} (1), etc., etc. Comp. aussi drenja et draj ; renjya
et ss. raghu, pat'i ekpantan. Toutes ces questions ne sont
point encore assez élucidées et les solutions sont encore trop
sujettes à des variations de système, pour qu’on puisse y
chercher, dès aujourd’hui, la base d’une reconstruction de la
grammaire et du lexique avestiques.
On ne peut que renvoyer aux savants travaux d’Ascoli,
de J. Schmidt, de Brugman, de Frôhde, de F. Müller, de
Saussure, de Sievers, de G. Curtius et autres linguistes.
La théorie du gouna est donc ici présentée intacte comme
elle l’avait été par Whitney ; il suffisait de mentionner celle
qui lui est opposée.
(1) Ainsi s’expliquent ces formes. Comp. p. 61 note ; Lex. Verb. pahtan
et zœ.


VII
Il était également impossible d’entrer dans les discussions
relatives à la double nature des gutturales primitives. Tou-
tefois, pour l’intelligence des §§ 26 et ss. de la grammaire,
nous les rappelons ici sommairement.
Pour expliquer la corrélation de k, ç, c indo-éranien avec
A, qv, h, x, 7r italo-germano-hellénique et des molles corres-
pondantes, on admet l’existence à l’origine, ou la formation
pendant la période d’unité, de deux séries de gutturales se
distinguant diversement selon les systèmes. Pour les uns la
gutturale représentant k est restée et celle qui représente ç
et c s’est altérée ou mouillée d’une manière plus ou moins
forte(en/f£, ky). Pour les autres, il y a deux séries, la première
plus profondément gutturale ; la seconde, plus buccale, à la
manière des lettres sémitiques ÿ et a, n et n, p et o. On
représente ces séries de diverses manières par les lettres et
signes k ou k1 pour la première et /?, kl ou A2 pour la
seconde.
Nous voudrions encore distinguer une série de gutturale,
plus avancée encore et donnant kv, v, tc; gv, v, [3, par une
sorte de contre-choc ou de spiration labiale.
En s’arrêtant au dernier système, on pourra dresser ainsi
le tableau des correspondances sanscrites, avestiques, latines
et helléniques. Sprachen. Cp. F. Müller, Die Guttural-laute der Ig
Orig. Ss. Av. L. Hel.
k — k, c k, k', c k m Z, TT (t)
g — g. j g. g'- j g Y P
gh — gh, h g, g', j, zh g,f z (

0)
k1 — Ç s (ç) k(q’) z
g1 — j (z') Z g y
g1!! — jh (z') z, zh g, h
C et j (tsh, dzh) se produisent devant z, e originaires.
L’emploi des lettres j, zh, z est ce qu’il y a de plus confus
dans la phonétique avestique. Il est à remarquer à ce sujet,
comme le dit Spiegel (Revue critique internationale 1881,


VIII
p. 62) que les éraniens n’ont jamais séparé nettement ces
lettres et que les formes médio et néo-persanes varient fré-
quemment entre ces caractères. On ne sera pas étonné qu’il
en soit ainsi en avestique.
On comprend aisément qu’il est absolument impossible de
déterminer avec précision le son exact des lettres avestiques,
les sons d’une langue qui n’a plus été parlée depuis 2000
ans et dont aucun témoin auriculaire n’a constaté et transmis
la nuance et la valeur.
Il en est spécialement ainsi des sifflantes. Dans la grande
variété de cette espèce de sons (Comp. Sievers, Grundzüge
der Phonetik, pp. 99 et ss.) on ne peut avec sûreté détermi-
ner la nuance précise qui convient aux lettres avestiques.
représente probablement plusieurs nuances que les phono-
logues persans n’ont point su remarquer et distinguer. Nous
n’en fixons donc la valeur qu’approximativement.
Pour faciliter les études indo-éraniennes, les désignations
des classes verbales ont été conservées ; celle de la huitième
pour le motif indiqué à la page 76 ; et celle de la dixième
parce que certaines formes ne sont pas proprement dérivées
et ne constituent ni causatifs ni dénominatifs. Ex. mitaya
(Y. X, 2), pataya (Y. IX, 46). Il n’y a point de radicaux
nominaux pata ou mita, ni même pat'a, mit'a. Mais nous
avons également rangé les suffixes verbaux dans leur ordre
naturel. La distinction des temps généraux et spéciaux a été
également conservée ; elle est dans la nature des choses.
Ces termes n’indiquent pas que les temps seraient formés
d’une racine générale ou spéciale, mais que le mode de for-
mation des uns est général, c’est-à-dire commun à toutes
les classes, tandis que celui des autres est spécial à chaque
classe (Cp.Whitney, Sanscrit Grammar. § 599, p.207).Ces
désignations sont donc parfaitement exactes et font connaître
clairement la nature de ces formes. L’expression complète
serait : temps à forme générale, etc.
Le manque de grammaires indigènes rend la détermina-


IX
tion de certaines formes peu sûre ; elles peuvent s’expliquer
de plusieurs manières. Nous les donnons donc sous toute ré-
serve. Ainsi rconha (p. 94) peut être un radical développé
par sa et non un futur; nâshâma, clishâ pourraient l’être
également, ou bien des subjonctifs d’aoriste, selon le système
de Delbriick. Nous indiquerons le plus souvent les diverses
explications admissibles. IJ n’est pas besoin d’ajouter que le
signe ? indique une opinion ou une forme douteuse.
Aux expressions : indo-germanique, trop incomplète, indo-
européenne, contenant trop et trop peu, nous avons préféré
indo-celtique la moins inexacte de toutes parce quelle dé-
signe l’ensemble des groupes par les deux points extrêmes.
Les morceaux formant l’Anthologie ont été choisis pour
les raisons indiquées à la fin de l’introduction.
Nous n’avons pas cru utile de grossir le Lexique en met-
tant partout en regard les termes nus des versions pehlevies
et sanscrites. Dans la plupart des cas, leur obscurité néces-
siterait de longues explications pour que l’étudiant pût en
tirer parti, ou leur fausseté l’induirait en erreur. En outre
la partie sémitique de la version pehlevie ne pourrait servir
qu’au cas où l’on connût déjà bien la langue de cette version ;
or, en ce cas on n’a plus que faire d’un Manuel destiné aux
premières études et aux philologues. Il nous a paru préféra-
ble de donner comme moyen d’initiation, les textes zend et
sanscrit de deux chapitres du Yaçna, traduits, comparés et
annotés. Pour l’étude du pehlevi nous devons renvoyer à
notre Manuel. Nous ne pouvions, d’ailleurs, dépasser cer-
taines limites sans manquer complètement notre but. Tout
dans la composition de ce livre, et dans la disposition typo-
graphique même a été combiné pour l’atteindre plus sû-
rement.
Puissions-nous avoir réussi !




INTRODUCTION
L’Avesta est le seul monument qui soit resté de la langue dans laquelle
ce livre sacré est écrit. Il ne nous est pas même parvenu tout entier, car les
livres parses contiennent de nombreux fragments, membres de phrases ou
mots qui ne se retrouvent point dans nos textes.
L’Avesta originaire comptait, selon la tradition, vingt et un livres, autant-
que la prière Ahuna Vairya (Voy. p. 270) contient de mots. Cette coïncidence
rend déjà cette assertion peu probable. Si ce nombre de livres a jamais existé,
il est à croire qu il comprenait toute la littérature pehlevie ; les Parses attri-
buent la version pehlevie à Zoroastre, aussi bien que le texte. D’ailleurs les
docteurs mazdéens qui dressèrent la liste de ces livres (appelés nosks) ne sû-
rent y faire rentrer qu’un seul (le Vendidâd) des 4 livres qui composent notre
Avesta.
La langue de l’Avesta fait partie de la famille des langues indo-celtiques ;
de la branche asiatique indo-éranienne et du groupe éranien qui occupait
à peu près tous les pays situés entre la Syrie, le golfe persique, l’Indou-
koush, la mer d’Aral et le Pâmir. Il appartenait à l’Eran septentrional. Mais
on n’est point d’accord sur la question de son lieu d’origine.
Lors de la découverte de l’Avesta, on le prit pour un idiome persan et on
lui donna d’abord le nom de zend parce qu’on croyait que le premier des
deux mots « zend-avesta » fréquemment employés comme titre du livre sacré
des Parses, désignait la langue de ce livre. Puis se basant sur l’opinion reçue
que le réforme zoroastrienne avait pris naissance en Bactriane, on l’appela
Vieux-Bactrien (Alt-Baktrisch).
Nous croyons avoir démontré que l’Avesta doit être attribué à la Médie, que
sa langue était celle des Mages(1). Toutefois, comme cette opinion n’est point
encore universellement admise nous préférons employer, à l’exemple des
Parses, le terme « Avestique » exempt certainement de toute erreur. Le mot
« Zend », môme est préférable à « Vieux-Bactrien » parce que c’est un terme
de convention dont l’emploi ne préjuge rien.
La date de la composition de l’Avesta est également incertaine. Toutefois
certains faits qui y sont relatés, certaines allusions qui y sont faites aux
usages, du Bouddhisme, par exemple, et à d’autres circonstances, indiquent
clairement que la plus grande partie de ce livre a été composée entre le ve et
(î) Voir notre Introduction à V étude de V Avesta et de la religion Mazdèenne.
Paris, Maisonneuve et Cie, 1881, p. xlv et ss.


XII
le dernier siècle de l’ére ancienne et pins tard encore (1). La rédaction du livre
tel que nous le possédons date probablement du ivc ou du me siècle après
J.-C. Le Vendidâd Sâdé, ou grand Avesta disposé selon l’ordre des cérémonies
du culte, ne peut pas avoir été rédigé plutôt que le vic siècle puisqu’il contient
des passages empruntés aux gloses pehlevies (2).
L’Avesta dans son état actuel se divise en deux parties principales, le grand
et le petit Avesta. Le premier est le rituel du sacrifice ou culte public ; le
second ne contient que des hymnes et prières d’un usage privé. Le grand
Avesta est formé de trois livres : 1° le Vendidâd (3) comprenant vingt-deux
chapitres (ou Fargards) (4) traitant des impuretés et purifications, des prières
conjuratoires, de quelques dispositions disciplinaires relatives aux crimes et
châtiments ; 2° le Yaçna (5), collection de prières et hymnes relatives aux
cérémonies du sacrifice et 3° le Vispered (6), de même nature, contenant des
prières additionnelles à celle du Yaçna. Il n’en est séparé que parce que le
Yaçna se récite souvent seul.
Nous devons encore signaler dans le Vendidâd les chapitres (Fargards) I,
II et XXII contenant des légendes et dans le Yaçna, les chapitres (Hàs) (7)
XXVIII à XXXIV et XLÏI à LU qui forment les Gàthâs dont il sera parlé
ci-dessous.
Le Khordah Avesta, ou petit Avesta, comprend 20 hymnes, en général
assez étendus, en l’honneur des principaux génies du zoroastrisme et quel-
ques prières imprécatoires et conjuratoires, outre des fragments d’un livre
perdu.
Le texte de l’Avesta n’est connu que depuis le milieu du xvme siècle. Bien
que les anciens parlent souvent des sentences ou des écrits de Zoroastre, de
la théogonie des Mages, de leurs livres en langue barbare et du contenu de
la doctrine du magisme, ils ne nous ont pas transmis un seul mot de ces
livres. Au moyen-âge ceux-ci ne sortirent pas des frontières de la Perse et la
conquête arabe les fit tomber dans l’oubli, même dans ce pays.
Quelques manuscrits furent apportés en Europe au xvnc et au xvme siècle,
mais personne n’avait encore pu en déchiffrer un mot lorsque l’intrépide et
savant orientaliste français Anquetil Duperron entreprit aux Indes un voyage
périlleux à la recherche de ce monument de la sagesse antique. S’étant mis
à lecole des Parses, qui du reste cherchèrent plutôt à le tromper qu’à l’éclai-
rer et étaient eux-mêmes très ignorants, il parvint à comprendre quelque chose
de la traduction faite en pehlevi (ou persan-moyen mêlé de mots sémitiques)
sous les Sassanides, puis du texte; et revenu en Europe il en fit une traduc-
tion, qui bien que très vicieuse, donnait cependant quelque idée des doctrines
(1) Voy. Introduction à Vétude de l’Avesta, p. cxm.
(2) Ibid., p. ccxvi.
(3) De Vîdaèvôdâtem loi qui chasse les dé vas ou démons.
(4) De fra karet couper.
(5) Yaçna sacrifice.
(ô) De Vispé ratavô, tous les chefs des êtres créés, qui sont invoqués dans
les premiers chapitres.
(7) Zend : hâiti de hâ, sâ, couper, diviser.


XÏIÏ
zoroastriennes. Burnouf le premier donna une traduction véritable de quel-
ques chapitres ainsi que d’une foule de mots et traça les règles de la méthode
à suivre pour l’interprétation du texte zend.
Spiegel, suivant et développant les procédés et les moyens employés par
Burnouf, parvint à faire une version complète, qui peut être corrigée dans les
détails, mais dont le fond, l’essentiel reste universellement admis.
Après lui de nombreux savants se sont mis à élucider les points restés
obscurs ou douteux, à compléter l’étude des mœurs, usages, croyances, etc.,
des Mazdéens et à cultiver les différentes parties de la science éranienne.
La méthode ne resta pas la même pour tous. Tandis que Spiegel tenait
amplement compte de la tradition Parse et du texte avestique, les Indianistes
rejetaient la tradition et l’Avesta lui-même pour ne se fier qu’à la grammaire
comparée et surtout au lexique sanscrit. Ils partaient de cette idée que le
zend n’était qu’un dialecte du sanscrit et l’Avesta un reflet des Védas. Aujour-
d’hui la valeur du texte et de la tradition est mise généralement hors de contes-
tation et l’on ne cherche plus qu’à fixer l’étendue de cette valeur. Il n’est plus
qu’un petit nombre de sanscritisants qui exagèrent encore en quelques points
l’importance dû sanscrit et des Védas comme moyen d’interprétation. Notons
toutefois que cette lutte n’a pas été sans fruit et que les Indianistes ont rendu
à l’éranisme des services signalés ; leur tort était seulement de tomber dans
l’exclusivisme.
Les manuscrits de l’Avesta sont assez nombreux. Les centres principaux
des collections sont Copenhague, Londres, Paris, Munich et le Guzerate où
s’étaient réfugiés des milliers de Persans zoroastriens persécutés par les
Arabes. De ces manuscrits les uns viennent de Perse, les autres de l’Inde,
mais ces derniers sont des copies d’un original persan. Ils semblent provenir
tous d’un seul prototype ou de deux, peu différents. Les variantes sont assez
nombreuses, mais elle n’affectent guère que la forme des mots ou des termes
isolés. Ce qui produit souvent, du reste, des différences de sens assez consi-
dérables.
Notons en passant, ce que l’on semble parfois méconnaître, que deux ou
plusieurs variantes peuvent être également exactes au point de vue gramma-
tical. Il en est surtout ainsi dans l’Avesta dont la langue a des formes fluc-
tuantes, plus que tout autre idiome.
Ces manuscrits ne sont pas anciens, ils datent de ce siècle ou du xvme
siècle ; quelques uns du xvii° ; deux ou trois seulement du xive.
L’Avesta a été traduit en pehlevi, au ive ou me siècle de notre ère ; puis il
a été l’objet de nombreux commentaires écrits en cette langue. Le roi Kosrou
Parvîz (590-628) fit réunir à la version un commentaire perpétuel tiré des
ouvrages des docteurs mazdéens. La version avec ses gloses compose ce que
l’on appelle le zand (zend) dont le nom forme la première partie du titre.d^
Zend Avesta. Les Parses disent ordinairement avesta et zand.
Au xve siècle un Persan du Guzerate nommé Neriosengh fit du Yaçna peh-
levi une traduction sanscrite qui nous est parvenue mais avec des lacunes.
Le mot avesta est étranger à la langue avestique, il ne figure pas dans les


XIV
textes qui n’ont de désignation spéciale que pour des parties isolées. Il pa-
raît pour la première fois dans les gloses pehlevies. La signification et l’ori-
gine en sont incertaines ; la seule explication admissible est celle de M. J.
Oppert qui le fait dériver du vieux-persan abastd qui signifie « loi, droit. »
L’Avesta n’est point écrit dans un langage complètement uniforme. Les
chapitres XXVIII à LU du Yaçna (excepté XLI, 2e et LI), les prières YaVd
ahù vairyà, Ashem vohû, Airyamd ishyô et originairement le Yènhê hdtàm
(Voy. pp. 270-271), ainsi que quelques autres fragments épars sont écrits
dans un dialecte un peu différent de celui du reste de l’Avesta. Ce dialecte
est en partie plus archaïque, en partie plus altéré ; il se rapproche en quel-
ques points du sanscrit d’une part, et de l’autre du vieux-persan ; mais il
s’en éloigne aussi davantage sous plusieurs rapports.
Il est appelé dialecte des Gdthds parce que ces chants sacrés (Y. XXVIII-
XXXIV, XLII-L et LU) sont écrits dans cet idiome. On ignore entièrement
son origine et son époque. On le croit généralement plus ancien que l’aves-
tique ordinaire parce que certaines formes sont plus archaïques (ex. gén. en
hya}. Mais d’autres et en plus grand nombre sont au contraire, plus altérées.
Ex. ê p. a, d, à; éng, p. an ; dregvodibis', p. dregvatybïs’, drvafybîs, etc. Ce
dialecte appartient, comme l’autre, au Nord de l’Éran. On serait tenté de lui
assigner pour lieu d’origine Mouru, Merw, la ville auguste et sainte (Farg. I,
18).
La langue avestique proprement dite est dans un état de décomposition et
d’altération assez avancé. Ainsi le génitif des mots en u prend toutes les
formes dvas, avas, dus', aos éus, wô, vô, et le locatif : vi, vô, ô, à), du. A ce
point de vue, elle paraît beaucoup plus récente que le vieux-persan des der-
nières inscriptions Achéménides et lui est de beaucoup inférieure. Aussi se
demande-t-on quelle en est la nature. Il est impossible de dire, si prise dans
son ensemble, elle reproduit fidèlement un état quelconque, une des étapes de
la langue parlée. Peut-être était-elle déjà éteinte à l’époque de la composition
des parties les plus récentes des livres sacrés du Mazdéisme. Peut-être de-
vons-nous la considérer, dans ces morceaux, comme un langage mêlé sem-
blable à celui d’Homère. Enfin dans cette multiplicité de formes et de tour-
nures irrégulières que l’on rencontre presque à chaque pas, on ne peut dire
quelle part il faut faire à l’inadvertence et à l’ignorance des copistes, ou aux
influences dialectiques et locales, aux différences d’époque. Car l’Avesta a dû
être composé par plusieurs auteurs et à des temps différents.
Le dialecte des Gâthâs est plus régulier. Toutefois il est souvent difficile
de distinguer l’un de l’autre.
L’alphabet Zend est d’origine purement sémitique et ne doit rien à l’Inde
sanscrite ; les lettres se tracent en allant de droite à gauche. Cette circon-
sous une influence sémitique que s’est faite sa rédaction écrite. Selon toute
probabilité les premiers rédacteurs se sont servis des caractères pehlevis ;
mais la science des Atharvans et des Mages allant sans cesse en décroissant,
il devint nécessaire un jour d’appliquer au texte sacré un mode d’expression


XV
complète qui prévint toute confusion et permit d’en conserver fidèlement la
lettre. L’alphabet Zend que nous possédons n’est point exactement ce qu*il
était à l’origine ; il semble présenter des lacunes. Certaines lettres que l’on
trouve dans les alphabets parses ne se retrouvent pas dans les textes. La
prononciation de plusieurs lettres est douteuse ; les manuscrits contiennent
de nombreuses divergences d’orthographe. 11 se pourrait que ni l’un ni l’autre
ne fussent parfaitement uniformes et qu’il faille tenir compte des lieux et des
dates; mais on ne possède, ni ne peut posséder aucun renseignement certain,
ni même probable relativement à ces questions.
Les croyances ou doctrines avestiques dont on attribue la création à Zo-
roastre, sont formées d’une combinaison du naturalisme polythéistique, aryo-
éranien et d’un dualisme altéré par une forte tendance au monothéisme.
Le monde spirituel auquel le mazdéen croit, qu’il adore et vénère, ou ré-
prouve et combat, est composé des anciens génies de la nature et d’autres,
personnifications de qualités abstraites,créées par la réforme dite zoroastrienne.
A leur tête sont deux esprits originaires éternels, l’un représentant le bien
et la vie ; l’autre, le mal et la mort. Le premier s’appelle Çpentô Mainyus,
l’esprit vivifiant, l’autre Anrô Mainyus, l’esprit destructeur.
Le premier a créé les bons génies, le monde céleste et terrestre ; l’autre
a produit les mauvais génies, les maux et les vices, Sans cesse en lutte con-
tre le bon esprit et ses créatures, il cherche à les souiller, à les détruire et
à corrompre les fidèles. Par suite des tendances monothéistiques le premier
a été élevé au rang de Dieu suprême tandis que son rival était abaissé et lui
devenait très inférieur en nature et en puissance. Il n’est pas bien certain
qu’Anromainyus ait créé tous les mauvais esprits. Pendant la durée du monde
présent sa puissance se borne à produire les maux et la mort, à souiller les
créatures du bon esprit et à les entraîner dans le mal, afin de les détruire
ou de les attirer à lui. A la fin des temps il sera vaincu ainsi que tous les
démons, ses satellites. Ils seront anéantis ou renfermés à jamais dans les
cavernes infernales.
Les bons génies créés par Ahura Mazda ou Çpentomainyus, coopèrent à
son œuvre et travaillent à la prospérité du monde et au triomphe du bien
moral. En voici les noms et les attributs; nous les divisons en catégories
d’après leur origine.
I. Génies de la nature admis dans l’olympe zoroastrien ou avestique. Ce
ne sont en général que les éléments eux-mêmes considérés comme œuvres et
auxiliaires du bon principe, deux ou trois seulement ont un nom spécial. Ce
sont :
Haoma, le jus de la plante sacrée offerte au sacrifice et le génie du breu-
vage divin ; Mithra, génie de la lumière, de la concorde et de la foi jurée ;
le feu (âtar) avec Nairyoçanha, personnifiant la flamme du sacrifice, messager
d’Ahura Mazda et Airyaman, primitivement le rayon vivifiant, puis génie de
la guérison.
Après eux : le soleil, la lune, l’astre Tistrya (Sirius) et autres constellations ;
Vayou (l’air), Vâta (le vent) et Râman qâçira (l’élher), Ardvzçûra (la source


XVI
des eaux célestes), Apàm napât (le principe générateur de l’eau ou l’éclair?),
Çpenta Armaiti (la terre) et Açman (le ciel).
II. Génies d’origine zoroastrienne.
Les premiers sont les six Ameshaçpentas formant le degré supérieur de
toute la hiérarchie céleste (Voy. ce mot au Lexique). Après eux viennent :
Çraosha (l’obéissance, la foi), Rashnu (le droit), Arstât (la justice), Ashi
vanuhi (la sainteté, la bénédiction), Daèna, dm (la loi), Cisti (la sagesse),
Çaoka (l’utilité), Druâçpa (génie des troupeaux) ; puis les différentes prières,
etc.
Le monde infernal est peuplé de dévas et de génies inférieurs. Les princi-
paux dévas sont Akoman la méchanceté, Aeshma la violence et la colère,
Açtôvîdhôtus qui donne la mort aux hommes, Apaosha qui cause la séche-
resse et beaucoup d’autres personnifiant des vices; puis les drujes, démons
femelles, trompeuses et destructrices dont les principales sont la Naçus qui
s’empare des cadavres et les souille, la Jahi (la volupté), Bushydçta (la mol-
lesse), etc.
Les principaux génies inférieurs sont le> Yâtus auxiliaires des magiciens
et les Pairikas, fées malfaisantes.
Les deux mondes, céleste et infernal, placés chacun sous la direction de
son créateur et maître sont constitués pour la lutte du bien contre le mal,
de la vie contre le dépérissement et la mort. Cette lutte existe depuis l’origine
de l’humanité. Peu avant la venue de Zoroastre les dévas dominaient la terre
mais Ahura Mazda choisit son prophète, l’arma de la prière Ahuna Vairya
(Voy. p. 270) au moyen de laquelle il chassa les dévas sous terre. Zoroastre
alors prêcha la loi divine qu’Ahura Mazda lui avait révélée et réussit à la
faire triompher par l’appui du roi Vîstâspa. La lutte et le monde actuel du-
reront trois mille ans après lesquels un prophète issu du semen de Zoroastre,
Çaoshyant, entamera une lutte suprême. Aidé des génies célestes, il vaincra
tous les dévas, les chassera et les enfermera en enfer avec les méchants,
ressuscitera les morts et restaurera le monde dans son état primitif. Déjà dès
le temps actuel les âmes des morts vont, selon leur mérite, au ciel ou en enfer.
Un point essentiel de la doctrine avestique est cette croyance que la mort,
étant l’œuvre d’Anro-Mainyus, fait tomber les cadavres humains sous le pou-
voir du mauvais esprit. Ils deviennent ainsi impurs et rendent également
impur tout ce qui les touche. On ne peut, en conséquence, ni les enterrer ni
les mettre en contact avec le feu ou l’eau, car ils souilleraient ces éléments,
œuvres principales du créateur. C’est sur cette croyance que sont basées les
dispositions du Fargard V (Voy. p. 164).
Il en résulte également que tout ce qui se détache du corps de l’homme,
cheveux, ongles, sécrétion est également impur ; de là les prescriptions du
Fargard XVII (Voy. p. 273).
La morale zoroastrienne est assez élevée quoique mêlée de singularités
semblables à celles que l’on vient de voir. Elle commande l’exercice des
principales vertus : piété, véracité, bienfaisance, etc. Elle prescrit aussi des
nombreuses prières, privées et publiques, journalières et accidentelles ; sacri-
fices, offrandes et libations; purifications, pénitences, etc.


XVII
L’acte du culte le plus important est le sacrifice public principal, accompli
par les prêtres et dans lequel le grand Avesta se récite en entier. La cérémo-
nie se compose de longues et nombreuses invocations, des prières relatives
aux offrandes, de la distillation et de la libation du jus du Haoma qui pré-
cède la récitation d’hymnes au génie Haoma, puis d’une longue suite de
prières, hymnes et autres morceaux religieux parmi lesquels se distinguent
les Gâthâs.
Ces chants sacrés forment une section particulière du Yaçna et se récitent
souvent à part. Ils se distinguent du reste non-seulement par des variétés
dialectales mais aussi par leur forme poétique (Voy. p. 149) et les doctrines
qui y sont professées.
Les Gâthâs se composent de 17 hymnes partagés en 5 groupes, portant des
noms spéciaux (7, —4, — 4, 1, — 1). Ce sont en général des dissertations
philosophiques et morales ou des exhortations pieuses. Ils représentent, sem-
ble-t-il, une religion, une réforme naissante ; il y est souvent question de la
prédication d’une nouvelle doctrine, de l’opposition qui lui est faite, de luttes
religieuses, de Zoroastre et de ses parents et premiers disciples. En deux
passages le dualisme pur paraît être enseigné. Le reste est d’un monothéisme
presque parfait. Les dévas et leur chef même y jouent un rôle très inférieur.
Nul des génies de la nature n’y est mentionné, quelques personnifications
abstraites plus ou moins semblables aux Ameshaçpentas et portant à peu
près les mêmes noms y paraissent seules. Aeshma est le seul des dévas qui y
soit nommé, et encore ce mot peut-il y être un terme abstrait.
Les morceaux de Y Anthologie ont été choisis de manière à donner une idée
des differents genres, sujets et styles de l’Avesta. On y trouvera :
1° Une légende de l’Eran antique, celle de Yima qui rappelle le premier
homme (Farg. II et Yesht XIX) et une autre, d’origine zoroastrienne rappor-
tant l’origine des maux terrestres (Fargard XXII).
2° Un spécimen de la casuistique et de l’apologétique mazdéennes (Farg.
V, §1-72), ainsi que des prescriptions disciplinaires (Farg.V, 73 et F. XVII).
3° Un choix d’hymnes aux génies de la nature (Y. IX-XI et Y. LXIV,
Yesht X) dont les trois premiers forment en même temps la préparation au
sacrifice du Haoma, et un hymne du même genre mais d’origine mazdéenne
(Yesht XVI).
4° Un mythe de lutte céleste; celle de l’astre Tistrya producteur de la
pluie contre le déva Apaosha.
5° Les prières journalières et principales et un spécimen des prières béné-
dictoires de l’euchologue privé (pp. 270-272 et 251, 252).
6° Quatre chants des Gâthâs parmi lesquels un mythe légendaire (Y. XXIX).
Nous ne reproduirons point ici la bibliographie avestique que nous avons
donnée à la fin de notre Introduction à l'étude de VAvesta ; nous nous borne-
rons à rappeler les principaux ouvrages relatifs à la grammaire, à la lexi-
graphie et à l’interprétation.


XVIII
Vendidad Sade nacli clen lith. Ausgaben von Paris und Bombay, mit
Indexund Glossar, herausgegeben von D. H. Brockhaus.In-8° ; Leipzig, 1850.
Westergaard. — The Zend Texts. In-4° ; Copenhagen, 1852-1854.
F. Spiegel. — Àvesta im Grundtexte sammt der Huzvârescli Uebersetzung.
2 vol. in-8°. Wien, 1851-1858. — Neriosengli’s Sanscrit-Uebersetzung des
Yaçna, herausgegeben und erlâutert. In-8° ; Leipzig, 1861.
G. Kossowicz. — Zendavestae decem excerpta latine vertit, etc. Paris,
typogr. impér., 1865.— Gâtliâ Abunavaiti. Petropoli, 1867. — Gâthâ Usta-
vaiti. Ici., 1869. — Gâtliae très posteriores. Ici , 1871. 4 vol. in-8°.
J. Olshausen. — Vendidâd, Zendavestae Pars XX adhuc superstes. P. I.
Farg. I-V continens. In-4° ; Hamburg, 1829.
M. Haug. — Die fünf Gâthâs d. Zatrathustra, herausgegeben, uèbersetzt
u. erlâutert. 2 vol. in-8° ; Leipzig, 1858-1860.
E. Burnouf. — Commentaire sur le Yaçna. In-4° ; Paris 1833-1835. —
Étude sur la langue et les textes zends. Paris, 1850 {Journal asiatique, 1840-
1850).
F. Spiegel. — Avesta aus dem Grundtexte uebersetzt mit steter Riicksicht
auf die Tradition. 3 vol. in-8° ; Leipzig, 1852-1863. — Commentar ueber
das Avesta. 2 vol. in-8° ; Leipzig, 1865-1869. — Burnouf’s Altbaktrische
Forschungen. {Beitrage B. VIL H. 3. p. 257 et ss.) — Zur Interprétation
des Vendidâd. In-8° ; Leipzig, 1853. — Der XIX Fargard des Vendidâd.
— Ueber einige eingeschobene Stellen im Vendidâd. 4 th. In-4°; München,
1854-1855. — Zur Erklârung d. Avesta Z. D. M. G. 297 ff. t. XXVI. —
Bibliographisches, t. XXX, 543 ff. ; t. XXXIII, 303 ff. — Eranische Alter-
thumskunde. 3 vol. in-8°; Leipzig, 1871-78.
M. Haug. — Das l°Kapiteldes Vendidâd uebersetzt und erlâutert. In-8°;
München. — Uebersetzung u. Erklârung des Yaçna XLIV. Z, D. M. G. t.
VIII. — A lecture on an original speech of Zoroaster. In-12° ; Bombay, 1865.
=— Die Ahuna Vairya Formel, und Yaçna XIX uebersetzt und erlâutert {Sit.
zungsberichte der K. Baierischen Akademie, philos, philol. Classe 1872.
Heft 1. pp. 89 et s.). — Das XVIIIe Kapitel des Vendidâds uebersetzt u.
erlâutert. In-8°; München, 1869. —Essais on the religion of the Parsees,
etc. 2e édit. London, 1878.
Avesta. — (The religious book of the Parsees) from Spiegel’s German
version and Commentary, by A. Bleeck. Hertford, 1864, in-8°.
C. de Harlez. Avesta, traduit du texte zend avec notes explicatives et
précédé d’une introduction à l’étude de l’avesta et de la religion mazdéenne.
Paris, Maisonneuve et Cie, 1881.
A. Weber. — Iranische Philologie. Anhang z. Zweiten Bande der Indi-
schen Streifen. Berlin, Nicolaï.
R. Roth. — Etymologisches ü.Z. Avesta. — Beitrâge zur Erklârung des
Avesta. Zeitschrift d. D. M. G. t. VI, 243 ; t. XXV. — Ueber Yaçna XXXI.
In-4° ; Tübingen, 1876.
H. Huebschmann. — Etymologisches und grammatisches aus dem Avesta-,
Beitrage, etc. Bd. VIL H. 4. p. 462. — Beitrâge z. Erklârung d. Avesta.


XIX
Z. D. M. G. t. XXVI, 453 ; t. XXVIII. 77. — Ein Zoroastrisches Lied,
Yaçna XXX, uebersetzt u. erklàrt ; nebst einem Anhang. In-8° ; München,
1872 ; Avestastudien (Yaçna LVI, etc.) Sitsungsberichte der K. B. Ahade-
mie su München 1872, p. 639 et ss. — Die parsische Lehre vom Jenseits
und jüngsten Gerichtè (Jahrb. f. Prot. Theol. 1879, N° 2). — Iranische-Ar-
menische-Namen in Karta, Kert, Gird. Z. D. M. G. t. XXIX. p. 138 et ss.
K. Geldner. — Beitrage z. Altb. Lexicographie... Uebersetzungen aus
dem Avesta... (Zeitschrift fïcr vergleich. Sprachf. B. XXIV. p. 128 ; B. XXV,
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Lagarde (P. de). — Gesammelte Abhandlungen. Leipzig, 1866, in-8°.
Spéc. pp. 147-295. — Beitrage zur baktrischen Lexicographie. In-8° ; Leip-
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J. Darmesteter. — Notes sur quelques termes zends. Notes sur l’Avesta.
Iranica (Mém. de la Société de linguistique, t. II et III). — Vendidâd trans-
lated (collection de Max Muller, t. IV). London, 1880, in-8°.
M. Haug. — The zend Language (Grammaire zende ; dans les Essays,
lrc édition, pp. 50-119). Bombay, 1862, in-8°.
F. Juste — Handbuch der Zendsprache, Wôrterbuch, Grammatik, Chres-
tomathie. In-8° ; Leipzig, 1864.
F. Spiegel. — Grammatik der Altbaktrischen Sprache. In-8° ; Leipzig,
1867. — Arische Studien. In-8Ü ; Leipzig, 1874. — Ueber d. Dual im
Avesta. Sitsungsberîchte der Münch. Ah. der Wissenschaflen, 1861.
C. de Harlez. — De l’alphabet avestique et de sa transcription. Métrique
du Gâthâ Valiistôistis et du Fargard XXII. In-8° ; Paris, 1880.
W. Geiger. — Handbuch der Avestasprache. Grammatik, Chrestomathie,
Wôrterbuch. In-8° ; Erlangen, 1879.
M. Sheheryabkji Dadabhae — Zend Bhàshânum nâdhalum Vyâkarana
(Grammaire zende abrégée, en guzerati). In-4° ; Bombay. 1863.
H. Huebschmann. — Iranische Studien (Zeitschrift fur vergleichende
Sprachforschung. B. XXIV. p. 323 et ss.). — Zur Casuslehre. In-8° ; Mün-
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Jul. Jolly. — Ein Kapitel vergleichender Syntax. In-8°; München, 1872.
— Das Infinitiv im Zend Avesta (Beitrage sur vergl. Sprach. B. VII. H.
4. p. 416 et ss.). — Die Modus Lehre im Altiran. Dialect. München, 1871,
A. Hovelaque. — Grammaire zende. Paris, 1879. In-8°.
Eug. Wilhelm. —' De verbis denominativis linguae bactricae. In-4° ;
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A. Bezzenberger. — Zend Urvâta, urvâza. Beitrage I. 253-255. — Zend
uz. Beitr. s. Sprachf. t. VIII, 363-365. — Einige avestische Wôrter u. For-
men. G. G. A. Mai 1878, p. 237 et ss. — Conditionalform im Z. Avesta.
Beitrage s. K. d. I. t. II. 1. 2.
Friederich Mueller. — Zend Studien, I-IV. In-8°; Wien, 1863-1877. —
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XX
F. Windischmann. — Zoroastrische Studien. Berlin, 1863. — Mithra.
Leipzig. 1857.
R. Westphal. — Zur vergleichenden Metrik der Indogermanischen Vôl-
ker (Zeitschrift für vergl. Sprachforschung, t. XIX. p. 437 et ss.).
R. Roth. — Beitràge zur Erklarung des Avesta ; das Metrum. Z. D. D.
M. G. t. XXV. p. 215 et s.
H. Tôrpel. — De metricis partibus Zendavestae. In-8° ; Halle, 1874.
Aurel Mayr. — Resultate der Sylbenzàhlung aus den 4 ersten Gâthâs.
In-8° ; Wien, 1871.
K. Geldner. — Ueber die Metrik des jüngeren Avesta, nebst Ueberset-
zung ausgewâhlter Abschnitte. In-8° ; Tübingen, 1877.
Cb. Bartholomae. — Gâthâs. Text, metrum, etc. Halle, 1879.
Tomaschek. —de.Centralasiatische Studien.Th.I, II.Wien,Gerold’s Sohn.
ADDENDA.
Page 80. — L’attribution des formes âma, ta, tem, d'wem à l’im-
pératif ne préjuge pas du tout la question de leur nature primitive.
Elles peuvent très bien avoir appartenu originairement à l’imparfait
employé comme passif ou injonctif.
Page 142, § 286, 3 fin, ajoutez : et k'shànménô a k'shâmanô (?).
Page 143 après 5. a/n, n’est pas employé, y ne tombant pas après
h (Voy. plus loin). — nh devient souvent ng ou même ngh. Ex.
jénghaiti. Cp. jahheïïtu de jahh (jam + s, h), dangrô p. dahhrô,
çéngha p. çahha.
Page 155, § 1, 5 et p. 157, 1. 1, aperese, vîvîsê. Ces deux formes
sont certainement anormales, il faudrait apares' (act.) ou apereshê
(moy.) et (vi)vîshê (de vîs-sê). Mais la régularité de cet emploi anor-
mal fait croire à un usage reçu.
Page 164, 1. 8 ajoutez : âafr (anhê).
Page 179 § 14. Mns. zarat'rustra suit paoiryô.
Page 184, 1. 8 ajoutez âa(> (anhê). Id. et 185, lis. 85-89; 90-92.
Page 187. Les Mns. ont râmayafr ashis' vahuhi.
Page 465, après naska ajoutez naskôfrasa adj., qui lit, étudie les
livres de la loi. Voy. frasa.
Page 423 à vld ajoutez : fravid. Voy. fravôivîdê.
Page 436 à sla ajoutez frasta, se tenir devant, en avant.
Page 456 après hu : huapa ou huapal, m. nom. huapô. Yt. X, 54.


GRAMMAIRE
DE
LA LANGUE DE L’AVESTA.
LIVRE I.
DES ÉLÉMENTS DES MOTS.
CHAPITRE I.
LETTRES ET SONS.
§ 1. Alphabet.
1. La langue de l’Avesta appartient au groupe éranien qui forme
avec le sanscrit et ses congénères la branche dite aryaque asiatique.
Elle a de très grandes affinités avec l’idiome du Rig Véda mais elle
n’en est point, comme on Ta prétendu, une sorte de dialecte. Les
phonétiques de ces deux langues présentent des différences radicales ;
spécialement en ce qui concerne les voyelles, les nasales, les aspirées
et les sifflantes. Les lexiques ne sont pas moins différents.
2. L’alphabet avestique se compose de 43 lettres ou sons simples ;
dans ce nombre on compte 14 voyelles, 4 sémivoyelles et 23 consonnes.
Outre les voyelles a, i, u longues et brèves et ê o, l’avestique
a e, é, è, o, o, w, â. De plus Ve et l’o avestiques ne correspondent
pas généralement aux mêmes lettres sanscrites. Ces voix se sont-elles
1


— 2 —
développées après la séparation des deux groupes ? Cela paraît pro-
bable puisque le vieux persan ne les a point et que leur emploi ne
correspond guère ni à celui de e, (o) primitifs ni à celui des sons
semblables des langues européennes. Ainsi Favestique conserve a là
où l’italo-hellénique a o ou e ; il a e où ce groupe a o etc. Ex. açpaç-
(ca) Ïkkoç-tz, equos-que ; et dans la production de ces lettres il suit
des lois spéciales. Ex. tem = rov, tom (is-tom, istum), etc. L’éranien
a d’abord pris Fa aryaque pour l’altérer après, dans l’idiome aves-
tique. Cf. toutefois barentem et ferentem, etc. Mais ces questions,
encore controversées, sont en dehors de notre cadre.
Par contre Favestique n’a point les voyelles r et l du sanscrit. Le
son de l lui manque et r est rendu par ere, are, et ra (V. ratu) (?).
Les voyelles sont brèves ou longues ou douteuses. Ces dernières
tirent leur caractère spécial du son moyen qui leur est attribué ou de
leur origine ; elles peuvent provenir soit de l’altération d’une voyelle
brève ou d’une longue, soit de l’affaiblissement d’une autre voyelle
avec compensation de la perte d’une lettre (?), ex. : ô p. a(n), a final.
3. Les consonnes sont nasales ou buccales.
Les buccales se divisent, selon l’organe qui sert principalement
à la formation du son, en gutturales, palatales, dentales et labiales (1).
Chaque ordre de consonne a une dure et une molle, explosives fer-
mées, et chacun, celui des palatales excepté, a autant de spirées
correspondant aux explosives.
L’ordre des dentales a de plus une spirée finale particulière. Les
sons que nous appelons explosifs fermés (Verschlusslaut) : k, g,
c, j, t, d, p et b sont formés par le choc instantané de la colonne
sonore contre les parois du gosier ou de la bouche ; les spirés
(k1, g', V, d', etc.) le sont par un souffle plus prolongé glissant aus-
sitôt qu’il choque. Les sifflantes forment une classe de spirées plus
prolongées, plus serrées entre les organes. Ainsi t1 est la spirée den-
tale forte ; 5 est la sifflante de même ordre et nature. Cf. Sjevers.
Grundzüge, p. 99.
Il y a en outre 3 sifflantes et 3 nasales, mais ces dernières forment
(i) Il est utile de noter que a est guttural ; i, dental ; u (ou) labial ; qu’en
outre e é ê se rapprochent de i et o ô 6 de u (ou).


un groupe à part, et ne sont point, comme en sanscrit, réparties entre
les autres ordres de consonnes.
4. Quelques lettres ont deux formes; celles de t' ont toutes deux
la même valeur et ne diffèrent que graphiquement; elles s’emploient
selon que l’exige la forme des lettres adjacentes. Il en est autrement
de y et de v.Ces lettres ont une forme initiale qui indique un son spire.
Il existe aussi un second caractère pour k' et pour y initial, mais
il n’a point de valeur phonétique. Des deux y initiaux, l’un appartient
à l’Inde, l’autre à la Perse.
Quelques lettres forment groupe ou ligature.
5. Voici le tableau des lettres avec la transcription conforme aux
principes énoncés dans nos Etudes érantennes I, pp. 37 et ss. Seule
la transcription œ n’a pas été suivie pour ne pas dérouter les com-
mençants.
I. Voyelles.
s > $ Hî 1
Brèves : a i u e è 0
1 (0 fu,
Longues : â î û ê * f CD i
Moyennes ou douteuses : a é 0 ô
II. Diphthongues.


— 4
III. Consonnes.
Gutturales 5 : k c'y k' g V. g'
Palatales : r C (tell) j (dj)
? £576
Dentales : t t' d d' £ (l
e) à J (ü<)
Labiales : p f b ( w )
) î S £ 6
Nasales : n n(n) n n m
& ■•0 . ei» J
Sifflantes : Ç, s > sh s' zh z
Aspirée : h H5(l) JJ ) ? » f
Semi-voyelles : y r V w
CL.
Groupes : hv (q) hm
IV. Signes graphiques.
• point séparant les mots et les éléments des mots composés.
signe indiquant la fin d’un verset, ou d’un fragment d’une cer-
taine étendue.
o signe annonçant l’omission de la suite de la phrase ; il équivaut
à etc. Il indique parfois aussi la fin d’un morceau plus court.
(1) Forme des lettres initiales. Cp. § 4.


— 5 —
§ 2. Nature et emploi des lettres.
I. Voyelles.
6. a, w a, j i, î, > u et ù sont des lettres originaires et
correspondent généralement à celles-ci. Mais l, î et u peuvent n’être
que le produit de l’affaiblissement ou de l’assombrissement d’un a,
commun au sanscrit et à l’avestique ou propre à ce dernier. Ex. pita
p. pâta s. pitar (père); puk'd’a p. païïk’d'a cinquième ,s. pancama,
(cp. pump, fünf); diw p. daw.
E et o correspondent parfois à e, o d’un idiome européen. Ex.
ferentem = barentem, sanscrit bharantam. Mais c’est généralement
par l’effet d’une loi avestique particulière.
à est un a, long ou bref, nasalisé. 11 représente :
— 1° â devant m, n ou une spirée. Ex. mâm, moi; daman, créatures
(après chute de /?).
— 2° a nasalisé devant kl, g, j, t-1, f, r, et les sifflantes. Ex. âgama
(membre); àça, part (s. ahçà); bâz, élever (s. bahli); t'âj, atteler. Il ab-
sorbe même la nasale radicale. Ex. màt'ra, formule, loi; de man.
— 5° an. Ex. y à de y an, acc. plur. de ya.
— 4° an final (parfois aminci de ans ou ants). Ex. hâ nom. de liant
étant; vyuçâ, forme participiale de vyuç commencer à briller (voy. 2°).
7. g e est muet ou sonore. Muet il forme une particularité de la
phonétique avestique. Il est tel, ou n’a du moins qu’un son presque
imperceptible, principalement à la fin des mots, après er (représen-
tant r) et ç. Ex. are, kaçe, ahhcbçe, etc. Souvent au milieu des mots
il ne sert qu’à alléger la prononciation et n’empêche pas l’effet de la
consonne suivante sur la précédente. Ex. feraça p. fraça (praç).
Quand il n’est pas muet, e est une altération de a ou de â. Les
voyelles é, è et à, ô ont la même origine; ê en a parfois une autre.
A se change en e principalement dans les racines en ar. Ex. eredafy,
et devant v, m, n, terminant ou non, un mot; mais dans ce dernier
cas a reste parfois. Ex. tem p. tam, apema, le dernier (de apa) ;
upama supérieur (de upa); evindan p. avindan ne trouvant pas.


— 6 —
8. è représente un a ou un â altéré par l’influence d’un y pré-
cédent et d’un i, ê, j, suivant. Ex. yènhê de yahya; ayèni (p. ayâni).
En outre il sert à former la semi-diphthongue aè provenant du
gouna.de i ou d’une contraction, et alors il dérive d’un i affaibli ou
de//, ya. Ex. daèçaya de diç, montrer; aèm, de ayam, celui-ci.
ç é a été primitivement, comme sa forme l’atteste, une voyelle
longue provenant d’un â aminci ; mais dans l’Avesta il représente sou-
vent â et a bref soit directement soit par l’intermédiaire d’un o. Ex.
ameshéç pour ameshâç ; çpénis'ta p. çpanis'ta; vacébîs' p. vacôbîs' (de
vaeasbis) ; narés p. naras, narô.
Il représente ai, ay dans les datifs en éê des mots en Ex. apa-
gatéê de apagaiti, fuite.
£0 ê est par sa forme un allongé ou un caractère final. Il ne
s’emploie qu’à la fin des mots et là il a deux fonctions :
— 1° il remplace ai final, en zend aè; en ce cas si un enclitique
vient s’adjoindre au mot, ê redevient aè. Ex. tê (prou, démontr. m.
plur. nom.) p. tai, tol, suivi de ca, cify devient taè : taèca, taècify.
— 2° il remplace a de la finale ya (voy. § 25 fin), après la chute du
y. Ex. ahurahê p. ahurahya; kainê p. kainya, jeune fille. Pour ce
dernier mot la finale ya est d’abord devenue brève. En ce cas ê ne
devient jamais aè parce qu’il ne représente pas a + i.
9. ô représente 1° Va d’un radical devenu final par la chute d’une
lettre (s, n) ou adjoint directement soit à un suffixe soit à un autre
mot dans un composé. Ex. daèvô p. daèvas; barô p. baran; daênodiça
p. daènadiça; çpog'ata de çpan; s'kyaot'nàtâfr de s'kyaot'na, acte.
— 2° un a médial sous l’influence d’une labiale. Ex. vohu devahu.
— 5° le a du gouna de i dans ôi et a on â parfois devant i radical.
Ex. garais gén. de gairi, mont; noifc de na ifc.
o comme sa forme l’indique était primitivement une voyelle
longue, plus longue du moins que X o; dans l’Avesta il représente
souvent un a bref, pur et simple. Ex. nôib de naifr (non quidem). Ce
fait ne peut être que le produit d’une corruption tardive.
On devrait transcrire par o toutes les syllabes dans lesquelles le
son o est le simple résultat d’un obscurcissement de a; par o toutes


— 7 —
celles où l’a assombri reçoit un certain allongement soit par com-
pensation, soit par épenthèse, et par ô celles où la voyelle primitive
était â et reste longue. Ainsi o final représentant as ou an doit être
rendu par ô; vîdhôtu, de vîdhâ; bôi$ (de bâity doivent s’écrire avec ô.
Pouru doit avoir l’a bref parce que l’o ne remplace pas l’épenthèse
(Radie, paru).
La même règle devrait régir l’orthographe des mots composés,
i o s’emploie principalement dans la diphthongue ao et y repré-
sente un u bref dont cette diphthongue est le gouna.
II. Diphtiiongues.
10. aè et ao sont semi-diphthongues ou diphthongues
pures. Au premier cas elles ne sont que le gouna de i et de u et cor-
respondent au sanscrit ê, ô. Ex. gaosha (= ghôsha) de gush. — Au
second cas aè représente ay ou aya et ao représente av, ava, ou même
ab par les degrés ab, aw, av, au. Ex. aom de avant (avem) avm ;
ashâvaoyo de ashâvabyô dat.
o représente un u affaibli dans la semi-diphthongue au, gouna de u.
11. d) remplace â 1° dans as (ânh) primitif, final ou suivi
d’une voyelle autre que î, u; 2° devant ne et ht. Ex. md) p. mdrnh
(mâs); raoed) p. raoedmh (cf. manâhsi,raoed>çca); bavcohti (bhavânti);
nyconc (nyanc). Mais â reste dans yâhi, yâhu etc. On trouve pourtant
vîjvdmhu (?).
Il dérive parfois de au final affaibli ; il en est ainsi au loc. du sing.
des noms en u. Ex. peretœ de peretuft). Au gén. loc. du duel il repré-
sente Vos du sanscrit, sans en dériver. On le trouve aussi devant n
dans ag’zhdmm et avcbn. Mais ces formes ne sont pas assurées.
12. oi, comme aè, représente a + i (mais avec l’affaiblissement
de a) soit dans le renforcement de i par a (gouna) soit dans l’adjonc-
tion du suffixe i à un a radical. Ex. 1er cas : càit'afc de ei(>; 2e cas :
toi pour tai (aussi tè p. taè, tai); noify p. naît? etc.
oi s’emploie à la fin ou dans la dernière syllabe dun mot; parfois
au milieu ; jamais au commencement. La position à la fin d’une racine
ou d’une syllabe suffit pour faire préférer oi.^.shôit’ra de shi; doit ’ra
de dî. Le voisinage d’un u ou d’une labiale produit le même effet.


— 8 —
Ces lettres labiales amènent une altération de a qui le rapproche de
leur genre de sonorité et facilite la prononciation.
13. jjlu ai représente a + ai.ou â + i; les premiers, dans le datif
du singulier des mots en a, et les seconds, dans la première conju-
gaison au subjonctif. Ex. ashâi, pereçâitê, etc. Il remplace aussi abi
à l’instrumental du pluriel des noms en a. Ex. akâis de aka etc. ( Le
sanscrit a aussi ai).
14. > très incertain, et les manuscrits ne s’accordent pas à ce sujet. Ainsi
dans plusieurs cas les uns ont au là où d’autres ont ao. Par ex. au
Yaç. 11.17, on trouve Frâdafrfshâum ou Frâdafcfshaom. Le même mot
s’écrit tantôt d’une manière, tantôt d’une autre.
au est employé : 1° comme renforcement au second degré ou vrid-
dhi de u. Ex. k'shâudra de k'shudra (?) ; çrâva de çru.
— 2° Pour av ou ava. a) au génitif et à l’accusatif du sing. des noms
en u (et au nominatif du sing. des dérivés de ces mots ; p. vriddhi?).
b) au vocatif d'ashavan.
c) au locatif du singulier des noms en u.
Ex. a) bâzâus', gén. de bâzu; Frâdafrfshâum, acc. de Frâdafyfshu ;
as bâzâus', nom. de as'-bâzu. — b) ashâum. — c) vanhâu (?).
K éu n’est qu’un amincissement de âu, ou de avu et même de au.
Il se trouve, comme tel, au génitif et à quelques ablatifs des mots
en u. Ex. vaèçéus' de vaèçu, pour vaèçaus'.
On le trouve aussi au gouna de u dans déus'manahh p. dus'manahh,
dans géus' pour gaus' ou gaos'.
Les accusatifs pluriels neréus ,çtréus' ont reçu plusieurs explications,
mais aucune d’elles n’est satisfaisante. Peut-être faut-il supposer une
métathèsede nérus', çtérus', p. nâras', çtâras' ou bien une déviation
de neréus, çlréns.
On trouve encore les diphthongues apparentes ai, èi; mais ce ne
sont que les produits de l’épenthèse. Ex. baraiti p. barati, il porte;
verezyèiti p. verezyèti, il fait. Il en est de même des triphthongues
aoi, aou dans lesquelles i et u n’ont rien d’organique. Ex. gaoyaoiti
(siège, lieu de pacage); paourva (premier), etc. de gaoyaoti (gavyûti)
paorva (pûrva), dans lesquels le gouna remplace l’allongement de Vu
sanscrit.


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III. Consonnes.
A. Explosives fermées.
I. Explosives dures.
15. L’emploi des spirées est réglé, en zend, par des lois spéciales
que Ton verra plus loin (§ 50). Les règles générales, qui concernent les
autres consonnes, sont :
Les ténues ou dures t et £) p sont, en général, origi-
naires. Le zend conserve même parfois la ténue, là où le sanscrit a
pris une aspirée. Ex. prathama//,. fraternel (tema = timus); kan = ss.
khan. Cp. can-alis. I( répond aussi à kv comme en sanscrit. Ex. ka
pronom inter. Cp. qui, noç. En ce cas il devient aussi c. Ex. ci'ahfy,
eva, si ces mots ne viennent pas de ci-vant, va. Parfois p provient
de v (§ 33) et correspond aussi à kv. Cp. panca, quinque.
16. t? est proprement une lettre finale intermédiaire entre l et
d et les remplaçant l’une et l’autre. Ex. avaf (avat), bâf, bâd’a. Il
dut y avoir primitivement deux caractères. L’un des deux est hors
d’usage. Cette lettre se conserve parfois à la fin des radicaux devant
un suffixe commençant par b. Ex. amavafybyô, dat. plur. de amavaf,
tandis que berezafy a berezenbyô. C’est, qu’alors les rédacteurs de l’A-
vesta ont écrit ces mots en séparant les éléments. Quand ils sont unis,
d’ remplace t, d. Ex. âd’bitîm. Cp. § 50.
On considère généralement cette lettre comme une spirante. Après
une sifflante, t reste. Ex. tâsht (1).
Trois radicaux ou racines ont conservé cette lettre comme initiale.
Ce sont : frbuj délivrer (pehlvi bôj), fybishis phalange et frkaèsha,
sentence, loi (= clîxâ?). On y a cherché le reste d’un préfixe de, at
ou tout autre. On la trouve en outre dans fybish (= dvish) haïr. Dans
ce dernier cas t? représente d originaire. Il y remplace comme ailleurs
d spiré; dans fykaèsha ce doit être t.
(i) Dans cit’ify, citlena, c’est t et non £ qui est régulièrement spiré; Z est
revenu parce que ces termes sont traités comme des mots simples; fy au milieu
des mots est le résultat d’une erreur ; les copistes coupaient les mots en deux.
Il n’est pas produit par une consonne suivante. Cp. frafyûpem, etc.


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17. y c correspond au sanscrit c et, comme lui, provient d’un k
primitif altéré le plus souvent par le contact d’un i ou d’un e. Ex. ci
(lat. d,xiv.) car aller, cp. xéÀ-euOo;, lith. kelyas.En avestique la trans-
formation est plus complète. Ex. cis', cim, sansc. kis, kim.
II. Explosives molles.
48. s’est produit sous les mêmes influences que c. Comparez
jîv vivre et gaya vie, s. jîv (R. gviv. Cp. pto;, vivo); jyâilis' et jva
viennent tous deux de gviv. L’un a perdu v; l’autre i.
Il s’est étendu en avestique et représente tantôt un originaire g,
g', tantôt g1 g^ et même gv g’v. Ex. jam, venir, s. gam; (R. gam,
kvam) ; jan tuer, sanscr. han, ghan; grec ; jyâ, sansc. jyâ, (âtôç.
L’emploi des autres molles est déterminé en partie par ce principe
que l’avestique ne tolère pas les spirées molles au commencement
des mots; g seul fait exception pour une forme. (Voy. § 24, 1°).
j et g s’échangent selon la règle. Ex. gafya, jàfnu de gabh.
Qg, g est le plus souvent originaire. Initial il répond, également,
à une aspirée primitive. Ex. garema, sanscr. gharma; grec 9ep(xo;,
Cp. ferv-ere; gar avaler, s. gar, gai, cp. gula, etc.
cl initial est généralement originaire, et, comme g, il répond
souvent à une aspirée initiale. Ex. darez,scr. clhrsh, grec 0apŒoç;dd,
scr. dhâ, grec 9e. Mais dâ = dâ, da-re,
cl médial correspond aussi à un dh scr. à un d ou à un dh primitif,
et cela d’après des règles que l’on verra plus loin. Ex. banda, scr.
bandha, R. bancl; maidê suffixe de la 4re pers. du plur. (scr. mahê,
grec pe0a). D initial, reste ou redevient spiré après un préfixe. Ex.
nidait'yân, vîd'ôtus, aclâitya (de dâ = d'â).
Les mêmes formes, du reste, sont écrites tantôt avec d, tantôt avec
fi d'et même parfois t' médial remplace cl' devante, y. Ex. aclâitya
eracVâüya de a priv. et clâitya légal. Dad' donne niclait'ya; qareta
éclat, a aussi la forme qarel'a; vîcl'vco a au gén. vît'ushô (de vid,
savoir).
Il en est de même des autres molles. Ainsi g'ena, femme (s. gnâ,
cp. y'jvyi) est gêna dans çraogena aux femmes célèbres et aiwi est aibi
dans aibigaya et semblables.


— 11 —
19.^J b. Il en est de b initial comme de d. Ex. banda, scr. bandha;
brâtar, scr. bhrâtar, lat. frater ; cp. Quelquefois il correspond à dv primitif par suite de la chute ded,
après l’effet produit par celui-ci sur v. Ex. bityô = dvitya. Cp. duo
et bis. — A cause d’une nasale précédente b médial répond parfois
à une aspirée originaire. Ex. geremb, scr. grabh; cfr. Ppécpoç. Sans
m la même racine donne gerew. Voy. § 33.
B. Spirées.
20. Les consonnes que l’on représentait généralement par kh, Ih,
gh, dh, étaient tenues alors pour des aspirées proprement dites, c’est-
à-dire pour un composé d’une explosive et d’une aspiration forte sui-
vant distinctement l’explosive. Aujourd’hui on les tient généralement
pour de simples sifflantes de la nuance qu’on appelle spirante. Nous
av<ÿis exposé dans nos Études éraniennes, I, pp. 2 ss., les raisons
qui nous empêchent d’adhérer complètement à cette opinion. Nous
devons ajouter à ce qui a été dit dans ce travail que les Parses trans-
crivent 5**^oar t + h (té, hê) et g par d + h (dâl, hê). Nous les ap-
pellerons spirées; ce qui indique un son guttural, dental etc. produit
par un souffle renforcé et prolongé, et s’applique aux labiales comme
aux autres. Ces spirées doivent être appréciées différemment selon
qu’il s’agit des fortes ou des molles, et cela en raison d’une loi propre
à ces dernières.
Les spirées avestiques sont ou bien primitives, c’est-à-dire pro-
venant d’une aspirée aryaque, ou bien produites par le contact
d’autres lettres, en vertu des lois phonétiques de la langue. Le sys-
tème des spirées avestiques est assez difficile à saisir et à exposer
nettement, parce que ces lettres s’échangent fréquemment avec les
explosives fermées. En outre les cas d'application des règles particu-
lières aux spirées peuvent coïncider avec ceux où une lettre primitive
a été conservée. On n’est donc point toujours sûr que telle ou telle
spirée est ou non éranienne. Ex. ad'ivan chemin, scr. adhvan.
Deux syllabes se suivant ne peuvent pas commencer toutes deux
par une spirée.


— 12 —
km source (s. khâ); hak'a compagnon (s. sakha); k'ara âne (s. khara).
— Rat'a char (s. ratha) ; suffixe t'a. (scr. tha); pat' chemin (s. palh).
Çafa corne, soc (s. çapha) ; t'ràf rassasier (s. trnph). Les fortes
avestiques correspondent parfois à des molles sanscrites. Ex. zafan
gueule (s. jabh), nâfô nombril (s. nabhï), t'anvan arc (s. dhanvari);
urut'wa, s. urdhva, cp. opOoç.
Ces spirées sont propres à l’avestique, par ex. dans R. k>ru, s. kru.
cp. cru or; yuk'ta, s. yukta, cp. junctus ; t’ri trois (s. tri; très) ;
fiait 'ya, s, satya. etc. Voy. § 50.
F s’amollit parfois en w. Ex. çufra; instrumental çuwraya.
II. Spirées molles.
22. On affirme généralement qu’elles ne répondent nullement à des
aspirées molles originaires ou indo-européennes et que l’éranien les
ayant perdues d’abord complètement, les a reproduites par suite de
nouvelles lois qu’il s’était créées tardivement. Nous en comprenons
autrement la nature. On cite pour preuve les mots bag'a (s. bhaga) ;
bak'ta (s. bhakta) et k’umba (s. kumbha). Ces mots prouvent, ce nous
semble, le contraire.
Dans bhaga le bh est devenu b par suite de la chute des aspirées
molles initiales; mais la spiration existant à l’origine elle s’est reportée
sur ga. Pour bak'ta il y avait en outre le motif du contre-choc de la
spirée k' développée par une loi avestique. Dans k'umba te b a perdu
sa spiration parce qu’il suit une nasale (Voy. § 24). Mais cette spi-
ration, n’étant point complètement effacée, s’est reportée sur k initial;
d’où k'umba.
On trouve les spirées molles indo-éraniennes par ex. dans maid'ya,
s. madhya; aiwi, s. abhi ; gerew, s. grabh etc. comme aussi dans les
fortes citées plus haut, nâfa, t'anvan etc.


— 13 —
23. g1 el d1 sont les vraies spirées gutturale et dentale correspon-
dant à leurs congénères g et d. Il n’en est pas de même de w.
B’ n’existe pas réellement; Q^est une semi-voyelle labiale qui en
a pris la place; de là elle correspond à b1 et à v liquide. Parfois même
elle se lit u. Par ex. dans cat'ivârô, quatre; t'wàm toi, etc.
24. Les lois des spirées molles avestiques sont donc :
— lo Initiales, elles perdent la spiration et redeviennent explosives
fermées à moins qu’une nasale ne suive.
— 2° Suivant une autre lettre, elles subissent la même transforma-
tion si cette lettre est une consonne, en dehors de groupes très
rares k'd1 et g’d1, etc. ; toujours après une nasale ou une sifflante.
Dans l’un et l’autre cas, il y a lieu à reporter la spiration sur une
autre consonne.
— 3° Les molles fermées deviennent spirées dans les cas généraux.
C. Nasales.
23. L’alphabet avestique a 3 nasales proprement dites J n, G m,
n, et deux signes de nasalité ou anusvaras $ n,
G m est la nasale des labiales, généralement originaire. Elle s’emploie
comme initiale ou finale, comme médiale entre voyelles ou semi-
voyelles et avant une labiale. Ex. man rester, s. man, pev, man-eo ;
kâm, s. kâm, kyiv, quam.
Elle se substitue parfois à n final après m, o. Ex. ashâwn, yûm,
ât'raom p. ashavan, yuvan, ât'ravan (vocatifs).
j n est initiale ou finale et médiale entre voyelles ou semi-voyelles
ou après une consonne.
n modification de n ne s’emploie que comme médiale et lors-
qu'elle précède un son fermé des trois premières classes (gutturales,
palatales, dentales). Ex. antare, s. antar, inter. On la trouve cepen-
dant aussi devant b, représentant nt final des radicaux. Ex. berezenbya
dat. duel de berezanfy, élevé; et même pour m primitif. Ex. fraçclnbana
poutre (de skambh).
A part ce dernier cas, ces deux nasales sont généralement origi-
naires.


14 —
3 h sert à nasaliser un a que suit un h(s) placé devant une voyelle
autre que i, î; il nasalise aussi co dans le même cas. Lorsque h est
suivi de u ou de û l’usage de h semble facultatif. Ex. ahhafr = asat;
vanhu (= vasu), ahhu ou ahu (= asu); ahi (= asi).
Devant r, h tombe et h reste seul. Ex. dahra p. clahhra (dasra);
hazanra p.hazahhra (sahasra);ahra p. anhra (asra); zairimyaiiura p.
zairimyahuhra, zairimyahhura de qar, hvar.
n remplace n, après a, quand le h est suivi d’un y lequel tombe
en ce cas. Ex. danhu de dahyu (=dasyu); ahhcb de ahycb (=asyâs),
yènhê p. yèhya, yahya (= yasya). Cependant a fait au gén. ahê;
ka fait kahê, kanhê et kahya.
D. Sifflantes.
26. Le système des sifflantes est, dans l’Avesta, incertain et troublé
parce que ce livre n’a été écrit qu’à une époque où la valeur primitive
des lettres était altérée. De là des contradictions dans les cas d’em-
ploi. Aussi cette classe de lettres est celle qui fournit le plus matière
à controverse. Le système généralement adopté est que est la sif-
flante dentale proprement dite 5; que et correspondant à sli,
ne diffèrent que par une nuance imperceptible. F. Mïiller y voit un
double sh. Ce point a été discuté dans nos Études éraniennes I, p. 18.
27. jû n’est pas la dentale 5 pure. Ces deux lettres suivent des
lois toutes différentes. S devient h dans les cas où ç reste. Ex. hûra,
ahmi, anhco (de sûra, a^mi, asyco) comparés à çûra (xûpo;) vaç-mi
(ex) maçycb (p^x-oc,). L’antécédent naturel de k et c est ç qui ne devient
que par l’influence d’une lettre précédente. Ex. kaçcifr, çcincl,
çkemb. En outre ç égale le cch sanscrit. Ex. pereç = pracch; jaç =
gacch, etc. Enfin ç devant s' devient k1 dans çpak’stl de çpaç; énak's'ta
de énciç et pik 's'ta de piç.
Ç était donc en avestique primitif la gutturo-palatale correspondant
au ç sanscrit, et provenant d’un k originaire. Ex. açpa = açva, equus,
Ïxfoç; dft/,=dfw,œxùç,etc. Mais par la suite, comme en sanscrit et plus
encore, la nuance gutturo-palatale s’est effacée et ç s’est rapproché de


15 —
s sans se confondre avec lui. De là est venu que ç a remplacé s là où
cette lettre ne pouvait ni subsister ni être transformée en h. Ex. çtâ,
s. sthâ, stare; de la maçya pour matsya, poisson.
Jû représente donc ç indou (fc orig.) (1), et, en partie, s devant Z,
p, n. Médial, devant les suffixes, il suit certaines règles que l’on
verra plus loin. Quoiqu’il en soit de sa nature, nous le transcrirons
désormais par s, pour l’uniformité.
28. s'représente : a) un s dental originaire devenu, en sans-
crit, visarga ou r. Ex. cluskereta = du\krta ; dus'mata = durmati ;
dussahha = du\çahsa (2).
b) le même 5 à la fin d’un mot où il ne pouvait devenir sh. Ex.
gaoyaoitis', vâk’s', etc. Voy. § 29.
c) s orig. et sh sanscrit, aminci pour l’allègement de la prononcia-
tion, dans le groupe st et les groupes plus lourds encore : rst, fst, k’st.
Ex. ista = ishtha, lvtoç ; afs'cit'ra ; vak’sta de vak's. Cp. vak'shafy.
29. ^0 sh est par sa forme un développement.de s', un s'plus
fortement spiré et lingual (?). Il correspond, dans les racines et les
formes radicales, à sh sanscrit provenant de s chuinté ou lingualisé
sous l’influence de deux sons en contact immédiat. Ex. ishu = ishu ;
zaosha = jôsha, etc.
Cette transformation de s en sh, ou cette production de sh se fait
dans les deux langues après une des voyelles i, u et leurs dérivés ou
k (3), r et avant une voyelle, une nasale ou une semi-voyelle. Ex.
kTshi = kshi, habiter ; karsha = karsha, tirer, etc.
Cette altération de 5 ne se produit pas en avestique à la fin des
mots, parce que les mots indépendants n’y exercent pas d’influence
sur ceux qui les précèdent, comme en sanscrit ; de là yak's' et non
vâk'sh ; druk’s' et non drukfsh ; îsr et non îsh.
(1) Voir la Préface.
(2) Dans ashtama, vashti le sanscrit dévie de l’originaire parce qu’il a les
linguales qui manquent à l’avestique. Ces formes sont d’ailleurs idiotiques.
Yas’ta ne correspond point à ishta (s.) dans lequel i précède sh. Le sanscrit
a sh devant t lingual ; n’ayant point ce t l’avestique garde s' devant t. Hus’ka
et angusta sont exceptionnels et ne prouvent rien.
(3) Qui devient spiré (kl 2 3) par l’influence de la sifflante. Même chose après
f. Ex. drafsha, s. drapsa (?).


— 16 —
L’enclitique hê prend après i, u les deux formes sê, shê selon
qu’elle est considérée ou non comme agglutinée au mot précédent.
Ex. pairishê uski. Y. IX. 28. Les manuscrits du reste varient.
Dans k'sh initial et médial, k' tombe souvent. Ex. shiti de k'sliiti,
dashina de dak'shina (s. dakshina).
Sh(y) provient aussi de c(z/), i. e. tshy, (de ky) comme db zh de J
Ex. shu = cyu, vieux persan shiyu. Cela se fait par la chute du son
dental initial Z, d comme de k' dans k'sh.
Enfin sh se rencontre au lieu de rt originaire ; évidemment il pro-
vient non de ces lettres, mais d’une altération intermédiaire.
Devant ts reste par suite des lois qui seront exposées ci-dessous.
Sh se décompose parfois en s h Ex. aiwishâc et ânus'hac de
aiwi, anu et hac (sac). Ceci prouve à l’évidence que s1 n’est pas sh.
Sh se développe quelquefois en sk(p. k'sh) si ce signe est bien lu.
Il résulte de ceci que sh est une chuintante palato-lingual formée
par le relèvement du milieu de la langue, et que s’ est plus proche
de s dental (1). (Cp. Sievers, Grundzüge der Lautphysiologie, I, p.71).
30. êô zh, § z, et forment la partie la plus troublée de la
phonétique avestique. (Voy. Préf. c. fuient). zh et z sont les molles
parallèles à sh et 5 (aussi à s'. Cp. 31 al.), mais ne se produisent pas
régulièrement de la même façon.
$ z correspond, en avestique, a#', g'h (g'v) originaire devenu
en aryaque z'. Il est principal et secondaire. Principal, il corres-
ponda j, jh et h sanscrit provenant de la même source, à j donnant
sh devant t. Ex. zan = jan, gen, yev; zush = jush, gus-tare, yeuœ,
kos-ten ; zyâ s.jyâ, (3iàw (nuire), vi-s? ; niz = nij, harez = srj
(hars'ta, srstya); yaz = yaj, ây.
Il répond à h provenant de gh (et dh). Ex. zïm = hima, /eifxœv,
hiem-s; miz = mih, ^1%, ming-o; guz = guh. xeuôœ, cacher;
vaz = vah (de vagh et vadh), veh-o, ox-sapai-, zu = hu (ghu) ; zared
(1) On ne peut distinguer, saoslvyalp de saos'kyafy (Voy. s’kiti = shiti), s'kâ
(= shâ), uski {—uski; s'k (dans saoskyanfy) n’est pas inchoatif. Le suffixe de
inçhoatif est s (= cch,

— 17
= hrd, cord, hert (cœur) xapJta, ce qui semble exceptionnel ou avoir
passé par khrt, ghrt.
Mais il est faux que z et j avestiques se partagent régulièrement
entre les deux nuances originaires de g, gh. Ces lettres se croisent ;
zyâ = jyâ, (3tà-w ; niz = nij, vi(3, comme jîv = jîv, pi-oç et miz =
mig, mih,
Quelques racines en j ont aussi z à certaines formes. Ainsi yug
(jung, Çuy) a yuj et yuz; le second dans yaozaya. Le dialecte gâthique
a mieux conservé j. Ex. aj p. az, uzjen, etc. Gabh donne gafÿa,
jâfnu, zafan. Dragh fait darez, drazhafy, drak'ta. Cp. Ascoli,
glottolog., p. 131.
31. Z secondaire provient d’une sifflante dure amollie par le contact
d’une molle suivante. Ex. frazdâna de fras'-d. ; azdébîs p. astébîs'.
£ z est tenue par les uns pour une dentale, par les autres pour
une linguale extrême. Ce qui paraît plus exact. Elle se produit par
le choc de l’air formateur contre l’extrémité du palais et le bout de
la langue rapprochés l’un de l’autre.
Z provient de d1 2 dans yêzi = yêd'i si (s. yadij.
32. ds zh est une sifflante molle, palatalo-linguale. Elle forme
le second élément de J (dzhj. Elle provient parfois de j par amincis-
sement, chute du premier élément (comme sh, de e ou de k ’sh) ; par-
fois de z par palatalisation. Ex. druj, druzhâfr (1), vaz, vazhafy. Elle
provient de z par le contact de certaines voyelles, par celui d’une
voyelle antécédente et d’une molle ou de y, v suivants, enfin de n
suivant quand z est initial (2).
Ex. vazhdra (de vaz); zhnu de zanu (= jânu, genu, yovu).
(1) Druj devant i : drujintem.
(2) sh et zh proviennent souvent de s et z dans les cas où les spirées se
substituent aux explosives fermées. Il y a donc analogie entre ces classes de
lettres. C’est à ce point de vue que l’on a pu dire que zh était un z à spira-
tion renforcée. Mais ce qui est entièrement faux c’est que sh et zh soient les
spirantes de c (tsh) et 7 (dzh). C(tsh) et J (dzh), sons complexes formés d’une
dentale et d’une sifflante, ne peuvent évidemment pas avoir de spirante. sh
vient de c, et zh de j, non comme spirantes ou spirées, mais comme amincis-
sement, par chute de t, d comme de dans sh pour k'sh. Les cinq cas que
l’on cite, pour prouver que sh est la spirante de c ont donc été mal appré-
ciés. En tout cas ils ne prouveraient rien contre les autres faits si nombreux


— 18 —
Elle vient aussi secondairement et directement de s', devant une
molle.
Ex. duzhdâ (p. dnshdâ) ; duzhyès’ti).
Zh et z se trouvent dans des mots composés des mêmes éléments :
âzi (de ag), et âzhu qui vient aussi probablement de ag, aj et non de
ardu ; vazemna et vazhafy de vaz, etc. La voyelle suivante peut y être
pour quelque chose.
E. Aspirées.
33. $)> h seul ou précédé de n, n représente un 5 originaire. Ex.
ahi = asi, ensis ; hama = sama, simul, etc.
Lorsqu’il est initial, h ne se maintient que devant une voyelle ou
une semi-voyelle. Ainsi il tombe dans hmahi = smahi, lre pers. plur.
ind. pr. de ah être. Médial, devant r, il n’est qu’une légère aspiration
produite par le choc de r contre p ou k, l’esprit rude du p des Grecs (?).
Ex. kehrpa = kalpa, corpus ; kahrkatâs.
Aussi cette aspiration ne se produit pas quand, entre ces deux
lettres, intervient une voyelle, même un e muet, ou quand la lettre
suivante est sonore. Ex. kerefs'. H tombe devant r et laisse subsister
n. Ex. dahra de dahhra (s. dasra) ; aura de ahhra.
hv n’est que h v, une ligature, reste de l’ancien alphabet.
Le son de v y est très effacé. Il remplace hv, dans quelques mots,
formés de hva (= sva), ou de hu bien (su).
H devient hv devant y quand cette semi-voyelle se conserve.
qui démontrent le contraire ; car, dans tous, s h vient de 5 (à part ceux où
il remplace rt). Mais les cas invoqués eux-mêmes n’ont pas du tout la
signification qu’on leur donne. Sh vient de tsh comme de K'sh.
En réalité sh et zh sont les seconds éléments des sons complexes c, j, (tsh,
dzh). Rien donc d’étonnant à ce qu’ils se substituent parfois à ces dernières
lettres. S’il sufîit de les remplacer cinq ou six fois pour devenir leurs spirantes
alors sh le sera aussi de rt qu’il remplace plus souvent encore. Mais les cas
cités peuvent se réduire à deux. En effet, shu vient de tshyu, shyu (V. p. s'iyu)
shu par chute de t et y et non comme spirante de c. Dans shyaot'na, s
correspond au ç de çcydutna (dont cy&idna est une forme mutilée).
Hashê est une forme exceptionnelle dont l’origine n’est pas claire ; sh peut
provenir de hhy ou cy, comme le sh wallon-belge, de sie, tie ; ou bien on
doit plutôt supposer le radical hash (de hak'sh), qu’on trouve dans hah lshaya,
hah^shânê etc. Cp. Études crâniennes, 1, 32-33.


— 19 —
Ex. nemahvyâmahi (namasyâmasj. Le son de v est alors nul ou
peu s’en faut, comme dans le khv néo-persan.
F. Semi-voyelles.
34. W y, } r, i? v sont généralement primitifs, r représente
aussi l. R suivi de p ou de k prend h avant lui. Ex. kehrpa (cfr.
corpus), vehrka (cfr. vulpes), mahrka de mar mourir. Si e intervient*
le h ne s’intercale pas, de là kerefs de kehrp.
provient parfois de b spiré, comme on l’a vu ; il vient surtout
dei; liquide. Ex. k'rat’wô gén. de k'ratu p. k'ratuô; t'wâ p. tvâ;
gad'wa p. gadva chienne.
TF descend quelquefois jusqu’à y médial. Ex. gaèt'âvyô (p. wyô),
dat. plur. de gaèt'a.
y et » v médiaux proviennent comme en sanscrit de ?, u deve-
nus liquides. En ce cas v ne devient pas p après une sifflante. Ex
çva de çu. Tous deux ainsi que w provenant de u peuvent former
une syllabe métrique (Voy. Livre IV). Ils remplacent souvent par abré-
viation iy et uv. et Z? tiennent des spirées.
Lorsque y est précédé de h, il tombe et n est préposé à h ou bien
y reste et h devient hv (Gp. 33).
Note. Sifflante et semi-voyelle v.
Groupes çu, zv. V précédé de ç (or. k) ou de z (or. g, g h) se durcit
en p après ç, en b après z. Ex. çpan (chien), s. çvan, xvwv; zbâ, invo-
quer, s. hvâ (ghvâj; zbar, se courber (ghvar,
§ 3. Prononciation.
33. Il n’est guère possible de donner avec exactitude la pronon-
ciation primitive de ces lettres. On doit se borner à indiquer celle
qui est le plus généralement admise aujourd’hui, bien qu’il y ait lieu
de douter qu’elle reproduise parfaitement les sons originaires.
ai a, -juu a, J i, i, ô, ç é, ^3 ê, se prononcent
comme en français; > u, û, comme ou, cu^ [e est un e très bref
et paraît souvent devoir rester muet; il en est ainsi principalement


20 —
après er, à la fin des mots et dans certains groupes de consonnes. Il
ne se fait sentir que par un arrêt dans rénonciation des sons.
à est un a nasalisé; cv, un â sourd laissant entendre une
légère intonation de o; quelque chose comme le aw anglais.
Ere doit être prononcé rapidement.
36. aè et lui ao ne forme presque qu’un seul son, è domine
dans le premier, o dans le second. Il est des cas, cependant, dans
lesquels è et o doivent être émis plus distinctement; on les verra
plus loin.
ô?, o-juu ai, >-w au, éu, se prononcent oï, ai, âou, éou.
^5^ éê forme deux sons distincts et n’est pas une vraie diphthongue.
37. L’épenthèse produit en outre des combinaisons de deux et de
trois voyelles, qui ne sont point proprement des diphthongues. Ce
sont ai, èi, oi, aoi, aou etc.; la voyelle épenthétique (i, u) ne doit
avoir qu’un son très faible. Elle s’articulait, car elle est souvent
transcrite en pehlevi.
38. Les consonnes doivent, en général, être prononcées comme il
est indiqué. La prononciation des spirées dépend de la nature qu’on
leur attribue.
Dans le système des spirantes k1 sera semblable au ch dur allemand
et g’ au g néerlandais.
aura le son sifflant du th dur anglais; le son de g d'sera
celui du th doux (?). '
La transcription en t, th et t-h employée en pehlevi, en sanscrit et
en persan par les auteurs prouve que cette prononciation n’est pas
exacte et que le son de la dentale fermée (t, d), se faisait encore en-
tendre. Il est vrai que dans certains manuscrits ç est parfois écrit
pour t' ; mais c’est là uniquement un abus introduit par la pronon-
ciation néo-persane, la seule connue des copistes peu instruits. La
transcription par t, th le démontre suffisamment.
F est généralement reconnu comme ayant le son de la lettre fran-
çaise, allemande, etc. c se prononçait peut-être ts et non tsh, car
les assyriens le transcrivaient par une sifflante et les grecs par un t.
Toutefois cette raison n’a pas grande force probante.
_ £ est un t final adouci et sifflé; il représente également d final.


— 21 —
39. 5 n et n sont plutôt des signes de la nasalisation de la
voyelle que de vraies nasales, n doit avoir un son mouillé; $ il et^
n sont gutturales.
40. y initial doit se prononcer avec une légère spiration. Z? v
également spiré, se dit comme v; » vv après une consonne, comme
ouw.
Cb*w entre deux voyelles se rapproche plus de v que de w.
41. Pour les Parses et eb zh sont des lettres linguales ou
cérébrales.
f et__(J z sont dentales, s est palatale. (Voyez Dàdâbliâi,
Zand bhdshdiium Vyàkarana, p. 4).
42. db zh se prononce comme le J français; z avec un son légè-
rement palatal. (Voyez plus haut).
La prononciation des autres sifflantes est assez difficile à déterminer
et les avis sont partagés sur ce point. De ce que les Grecs transcri-
vaient ç Jô par g (Œîrà/va; ‘TaràŒTiz/ç) on a conclu que c’était purement
et simplement notre 5. Mais les Grecs n’ayant qu’une sifflante, devaient
nécessairement s’en servir pour représenter toutes les lettres de cette
catégorie; ainsi ils écrivaient également œpop-acrJyjç pour Àuramazda
(a p. z); ÇoipoadTp'/j' p. Zarathustra ou Zaurahastra ( S (çj avait un son palatal à l’origine et en a conservé quelque
chose. G’cst ce que prouve le changement de s (h) en p devant ca,
cana, cit?. Il a du toutefois se rapprocher de la sifflante dentale comme
l’indiquent la marche de th vers ç, et son emploi devant t.
^s’ est 5 lingual; s h ïech français, sh anglais prononcé avec
forte spiralion.
Dans le système des spirantes, ç est 5 dental pur et simple; s' est
sh et sh?


CHAPITRE II.
MODIFICATION DES LETTRES ET DES SONS
DANS LA FORMATION DES MOTS.
43. La formation des mots par l’union et la combinaison des divers
éléments qui les constituent (Voy. § 2) produit des altérations, des
modifications des sons et des lettres dont les unes sont communes en
principe aux langues indo-celtiques, les autres sont spécialement
propres à la langue de l’Avesta ; bien qu’elles ne soient pas étrangères
à l’un ou l’autre idiome congénère en particulier. Nous traiterons
d’abord des premières (§ 1, 2).
1. Renforcement des voyelles radicales.
Ces voyelles sont sujettes au renforcement que l’on appelle en
sanscrit gouna (1) et qui s’opère par l’introduction d’un a dans la
syllabe avant la voyelle radicale avec laquelle cet a se combine.
L’existence de la vriddhi ou second renforcement par l’introduction
d’un nouvel a est contestée, non sans motifs. On croit la trouver dans
k'shâudra, vâret'rag 'ni etc. Mais les diplithongues ai, âu ont souvent
une toute autre origine; celle de k'shâudra est incertaine et les â qui
semblent vriddhifiés, peuvent être simplement allongés comme 17 et
Vu de beaucoup de dérivés. Ex. çûka, âhûiri; cependant il est diffi-
cile de méconnaître la vriddhi dans les causatifs de racines en u.
Ex. çrâvaya de çru entendre; drâvaya de dru courir etc. Voici ce
que seraient ces deux renforcements en avestique :
a â i-î u-û ere
gouna aê, ôi ao, éu are (?)
vriddhi â â âi (?) âu, éu (?) are
(i) On trouve le gouna en grec par ex. dans «petr/w de R. «puy ; (îstxûj de R.
dik, etc. Quelques linguistes prennent ces formes pour la vraie racine.


— 23 -
Le gouna peut aftecter aussi bien les préfixes et suffixes que les
racines. Ex. haoshâta de hu (bien); ratavo, nom. pl. de ratu (ratuô,
ratauà, ratavo).
2. Contact des éléments des mots.
44. Les mots indépendants, à part quelques cas exceptionnels,
n’exercent point d’influence sur les mots qui les précèdent ou les
suivent, comme cela a lieu en sanscrit. Le contact des sons ne pro-
duit de modification qu’a l’intérieur des mots et par suite de la jonc-
tion des radicaux et affixes ou des membres constituant les mots
composés.
Dans ces conditions restreintes le contact des lettres est régi par
les lois suivantes.
45. A. Contact clés voyelles. Deux sons semblables s’unissent et
forment une longue de même espèce.
Cette longue devient souvent brève.
Ex. upâz, amener, de upaaz; hûkhta, bien dit, de hu ukhta; aiwita
opposé, de aiwiita (allé contre).
46. a suivi dés autres voyelles produit le gouna ou la vriddhi, ou
s’efface.
a + i = ê, aè, ôi.
a + u = ao.
a + er = ér, ar
a -\-aê= ai, ôi
a -J— i = ai
ao+ a = au, eu
Parfois l’hiatus subsiste et
reste frââha.
47. i et u suivis d’une voy
un hiatus, ou se changent en
Ex. viçpê, noifr (hai$).
mit'aok'ta, (mit’auk'taj.
fréreti (fraereti).
âiti (a aêiti, âiiti).
âid'i (a icl'i).
géus (gaoas, gavas)?
a contraction ne se fait pas; frâ + âha
dissemblable restent et produisent
îi-voyelle.
Ex. aiwi + âk's'tar = aiwiâk' star.
tizhi + ars'ti = tizhiars’ti ou tizhyars'ti.
ahhu + o = ahhvô.
dahhu + iric = clanhuiric.
yu, vi, dans les mêmes conditions, deviennent w, uy. Ex. manyu
+ cb = mainivcô.


— 24 —
48. Un y (i) non radical se trouve parfois entre deux voyelles en
contact. Ex. uruyâpa de uru âpa (aux larges eaux).
âmruyê de âmruê; lère pers. ind. pr. moy. de cîmru9 invoquer.
âyapla de âapta? don (ou de yap acquérir. Cp. le pers. yaftan).
Des exemples de ce genre et la comparaison des formes sanscrites
semblables (ex. aclâyi) montrent que l’on a contesté à tort l’existence
de ce y dans âmruyê; les erreurs de copistes ne sont pas régulières
et constantes.
Uruyâpa peut être formé de urvi féminin, mais la nature inorga-
nique de 17 est assurée par des formes telles que berezi-gât'ra de
berez; urvîçara, urviveret’ra formés de mots masculins.
Parfois aussi c’est une sifflante s, sh, s, zh ou z, qui semble être
insérée entre les membres d’un mot composé.
Ex. hus'hvafnâ
awzhdâna
bâzus'aojanh
ânus'hac
de hu hvafna.
de âpdâna.
de bâzuaojaùh.
de anuhac.
Les exemples 2 et 3 sont généralement expliqués comme formés
du nominatif plein. Cette explication est possible, quoique nullement
certaine; que l’on compare les formes grecques zidciipovuj-Tepoç;
apTrayh?-T£poç; etc.
Aiwis peut être une forme adverbiale. Cp. dppt'ç. S'h de us'h est
un développement de sh.
Souvent cette insertion ne fait que rendre à un mot sa forme pri-
mitive. C’est la vraie racine qui reparaît.
Ex. frastan de fra tan (primitif stan).
ratus'mar de ratu mar (primitif s'mar).
Il en est de même de m dans geremb p. gerew (cfr. scr. grambh).
D’autres insertions sont encore inexpliquées; telles sont celles de
f dans varefshva (loc. plur. devarafi) (1), de r dans tarshvafy qui
semble venir de tash, former, créer, etc.
49. B. Contact des consonnes. — 1) Consonnes semblables. L’une
des deux tombe parfois. C’est surtout le cas des labiales devant les b
(i) Voir le lexique à ce mot.


— 25 —
des flexions. Ex. uzûithya p. uzzu. Cependant beaucoup d’exem-
ples que l’on cite, sont plus que douteux. Ainsi awra est déjà abhra
en sanscrit; dans hamaèsta, le préfixe est probablement ha; uzûth
peut venir de ud, uth, etc.
Bunna de budna, devient buna.
2) Consonnes dissemblables, a) La règle générale est l’adaptation
des consonnes mises en contact. Ex. hvap + da donnent hvabda;
us + bâzu donnent uzbâzu. Ainsi les sifflantes dures s’amollissent
devant les molles et devant y, v. Ex. dus donne duzhdâ; duzhjyâiti;
duzhvarena; duzhyès'ti etc., fras' (frâs'J donne frazhdâ ou frazdâ.
Us + jan font uzjan. On a cependant eres'vacahh, et avant r,eresratu
de erez, juste?
Toutefois les exemples du contraire se rencontrent en grand nombre.
Ainsi on trouve des dures en contact avec des molles, des simples
avec des spirées, des spirées dures adjointes à des simples molles,
etc. Ex. uk'd'a, uk'ta ; d1 surtout souffre avant elle les spirées dures.
b) Les palatales finales redeviennent gutturales devant une autre
consonne; j (même devenu zj redevient gutturale (= 7, g) selon la
nature de la racine. Ex. vac fait uk'la; baz (de baj) fait bak'ta.
Plus exactement, les gutturales primitives restent.
Yaz fait yaçna, yas'ta. On a vu que j et z ne se partagent pas net-
tement entre g et g1.
50. c) Spiration des consonnes. *) En général une consonne en
contact avec une consonne suivante devient spirée. Cet effet est sur-
tout produit par les nasales (n, m), les sifflantes (s, s , sh, zli) et la
semi-voyelle r sur les consonnes précédentes et par les dentales sur
les gutturales et les palatales. Mais les labiales (p, b) précédant t, d,
restent intactes. Les dentales dans le même cas suivent une autre
règle (Voy. § 51). Il est donc faux de dire que « toute consonne devient
spirante devant une autre consonne. » On trouve même en plusieurs
endroits dademahi, où e est muet comme dans feras' (sanscr. dadmas).
p) Les consonnes qui se trouvent entre deux voyelles reçoivent
généralement la spiration (Voy. § 59) ; il en est de même si la voyelle
suivante est devenue semi-voyelle (y, w). T+ u, v, font t'w et d + v
font parfois d'w.


26 —
tap + na = tafna vid + vat? == vid'vafy.
tak + ma = tak'ma rat + wô = ral'wô.
vaèd + ya = vaèt'ya yuj + ta = yuk'la.
ug + ra = ug 'ra vac + 5' = vâk’s\
vac + cl'ana = vag'd'ana (1) vac + shya = vak'shya (1).
rap + ta = rapta hvap + da = hvabda.
nap + ti = napti ap + da = abda.
catu —0 = rat'wo ered + van = ered' tv an.
51. 7) Une dentale précédant une autre dentale devient 5 si la sui-
vante est dure, et z si elle est molle; quelle que soit la voyelle
antécédente. Ex. bad + ta = basta; irit' + ta = ihsta; keret + ta
= keresta; bud + ti = busti; dad, dad' + di = dazdi; raod +
dyâi = raoz'dyâi. Immédiatement précédée de r, s devient s1. Cp.
keresia et kars 'ta.
Une dentale précédant m devient 5. Il en est de même de z. Ex.
dad (dad') + ma = dasma; barez + ma = baresma.
T, t', d, d' + s, s (h) font s. Ex. mitsvâna = misvâna; dad (dad1)
+ sva = dasva.
52. deviennent n; parfois même avant b (Cp. § 25). Ex. vanta = vam +
ta; berezenbya (berezent — berezen + bya).
§ 3. Sifflantes.
53. S devient devant h dérivé de s. Ex. vîs'haurva gardien de
village (de vîs). Il en est souvent de même devant t. Les deux cas se
rencontrent quelquefois dans les différentes formes d’un même mot.
Ex. nas'ta de nas périr; avaoiris'ta et urvista de urvis s’avancer;
spas'tô et spastar de spas regarder; vas'ti de vas (2).
54. Sh devient s1 devant k, k', t. Ex. irish + ta = iris'ta; zish
donne zoishnu et zôis’ta.
Shs', ss' et zs', à la fin d’un mot, donnent s'. Ex. spas (gardien).
Nom. spas’ (3); verez nom. veres', cois' de coishs'.
(1) Dans ces deux exemples il y a double effet de spiration.
(2) La forme vas 'ti est donc régulière et ne correspond nullement à la forme
anormale sanscrite vashti. Elle ne prouve donc pas que s' = sh.
(3) Formé de ç + 5 dentale originaire. Cet s' ne peut être sh après un a;
donc s' n’est pas sh.


— 27 —
BS. S suivi de n reste ou bien devient s' ou sh. Ex. fras'na de-
mande de fras interroger; ashnao(iti) de as atteindre; âsna de asan
pierre.
S’ final (dental) précédé de a, cb (â) et représenté en règle par h,
hh, l’est par s devant c, t, p, tandis que s devient s', comme on vient
de le voir. Ex. sasti de sahh; yâsta de yâonh ceindre, etc.
56. Z devant t devient sf. Ex. vas'tar de vaz ; yas'tar de yaz.
Z devant n devient s, sh et meme zh au commencement des mots.
Ex. asnô de azan jour; bereshna, hauteur, de berez; zhnu genou.
57. Ç et z sya (or.) font sh, Ex. didareshata de didares syata;
vareshâ de varez sya. Peut-être le suffixe est-il sa.
C devant sy (or.) tombe. Ex. merâshyâfc de merenc + syâl (?).
58. La sifflante dentale originaire devient sh comme en sanscrit
après une des voyelles i, u et leurs dérivés ou k, r et avant une
autre voyelle, une nasale, y ou v.
Elle devient s' avant les consonnes muettes, avant t seul comme
dans les groupes tri 1 itères et partout où s devient en sanscrit visarga,
r ou ç (Voy. plus haut). Irish blesser fait iris ta; zish donne zoishnu
et zois'ta.
H devant y restant, devient hv. Ex. nemahvyâmahi. Voy. plus haut.
59. C. Contact des consonnes et des voyelles. — 1. Les explosives
fermées ou muettes entre deux voyelles sont fréquemment spirées.
Ex. vâid'i cours d’eau (R. vad); ad'âityade dâitya.
Il y a cependant de nombreuses exceptions dont la cause est
souvent que deux syllabes consécutives ne peuvent commencer par
une spirée. — Le même mot s’écrit parfois avec l’une et l’autre lettre.
Ex. vîdus et vîthus de vid; adâitya et adhâitya illégitime, etc.
— 2. Sh devient zh entre deux voyelles. Ex. cluzhâpa aux eaux
mauvaises.
Nota. En bien des cas les changements ne font que ramener la con-
sonne primitive, souvent avec la spiration produite par l’initiale du
suffixe. Ex. tiz (rac. tig) donne tig'ra.
jan (r. g 'an) » g 'na.
zan (r. jan,gan)» uzjan.


— 28 —
§ 4. Insertion de voyelles inorganiques.
60. A. Epenthèse. a) Suivant une dentale, une labiale, n ou r et
parfois nt ou sh, les voyelles /, ê, éê et y amènent l’insertion d’un i
avant celles-ci. Ex. baraiti de barati (bharati) ; dâitê de date (dadâtê).
taèibyô de taèbyo (têbhyas) — gaoyaoitéê.
yanti et yèinti (de yâ).
On trouve cependant manyéus’ p. mainyéus1 etc.
U, v, après r amènent u. Ex. pouru de poru (paru); haurva de
harva (sarva).
Une epenthèse imparfaite est produite par un u ou un v précédé
d’une consonne autre que r. Ex. môg'u mage; vîd'ôtu destructeur.
b) /, a et u précédés d’une consonne et de r amènent parfois aussi
l’introduction de la voyelle semblable entre ces deux lettres. Ex.
niçirinaoimi p. niçrinaoimi ; barâz p. brâz (bhrqj).
B. Prothèse, R initiale suivie de i ou de u prend la voyelle sem-
blable avant elle. Ex. iric de rie; urud de rud, rudh.
Par un effet analogue vr initial devient urv. Ex. urvâta p. vrâta.
C. Un e muet est inséré entre deux consonnes. Ex. feras p. fras ;
vak'ed'ra de vak d'ra.
§ 5. Suppression.
64. 4. A au commencement des mots, aoli entre deux consonnes
tombent parfois. Ex. zdi p. azdi (sois) ; pa d? apa (airo); pla p. pata
ou pita (père); zrvan p, zarvan (temps).
— 2. ly devient //; uv, v. Ex. frya p. friya; aslvaïïfy p.astuvaîïfy;
hvarez p. huvarez.
Ceci est, toutefois, un phénomène plutôt d’orthographe que de
lexigraphie.
G, g' tombe souvent devant v. Ex. môuru de margu; Hvôva de
Huôgva.
— 3. De deux consonnes initiales la première tombe parfois quand
ce n’est point une sifflante. Ex. tûiryô p. k'tûiryô (cfr. cependant le
sanscrit tûrya), mais, sti, s'kiti etc. restent entiers.


— 29 —
Dans âk'tûirya (qui se dit quatre fois) k’t est abrégé de cat\ a
tombant, c se durcit et se spire devant t.
La première d’un groupe médial de trois consonnes s’efface aussi.
— 4. R tombe parfois devant sh. Ex. kasha de karsha.
An ou am final perd souvent la nasale devant t, l1 comme en sans-
crit. Ex. maiti de man penser.
H tombe au commencement d’un mot devant m (Voy. § 33) et à la
2e pers. du sing. du subj. des verbes en a où l’on a ai p. âhi (1).
§ 6. Allongement et abréviation.
62. A. Allongement. 1. Les voyelles brèves se trouvent parfois
allongées, même sans raison saisissable. Ex. yùk'ta p. yuk'ta; kai-
nînô, gén. de kainin etc.
U, i antépénultièmes s’allongent devant m même sans raison
phonétique ; il n’y a là rien d’organique. Toutefois dans les accusatifs
il y a contraction de iem, uem. On trouve aussi im, um.
— 2. La même forme grammaticale est tantôt longue, tantôt brève.
Ex. adyunâm et adyûnâm, gén. plur. de aidyu. Cfr. scr. tanûnâm.
B. Abréviation. Les voyelles longues sont fréquemment rendues
brèves, alors même qu’elles proviennent d’une contraction. Ex. a) les
finales â, î, û sont généralement abrégées, im final des accusatifs de
radicaux féminins en î devient im. Ex. vanuhim de vanuhî bonne.
— b) Im et um représentent im, ûnii provenant de yam, vam ; voyez
plus bas. Ex. aid'im p. aid’im, aid’yam.
— c) Mazdad'âta, mazdôfraok'ta p. mazdâ. — a (préfixe) p. â.
Ex. avazâiti p. âvazâiti; i p. î : âfriti p. âfrîti de fri.
C. Contractions. Ya et yâ deviennent î, i. Ex. daid’îtem p. daid’yâ-
tem ou daid’îyâtem, pot. de dada; haii’îm p. hait’yam, vrai, bon;
areshinfy p. areshyanfy blessant.
Va, va deviennent û, u. Ex. gâtû, gâtu p. gâtvâ, inst. de gâtu lieu.
Aya (ayà) devient aè (p. ai). Ex. aêm p. ayam (ayem) celui-ci;
aêni p. ayêni (ayâni) de i aller.
(i) D’autres suppressions radicales appartiennent à l’indo-eranien. Ex.
açru larme (c?tzzpu). etc.


— 30 —
Av, ava devient au ou ao (p. au) Ex.ashaonô p. ashavanô (ashavan,
juste); ashâum p. ashavan (voc.).
Aèva devient ayu et ôyu. Ex. (vîjdôyum p. daèvam (daèva, démon).
Uva devient û. Ex. yûm p. yuvan (voc.) jeune.
Ya final devient ê (de yê, par chute de y). Ex. kainê p. kainyâ
jeune fille; aspahê p. aspahya (scr. açvasya).
§ 7. Altération des sons.
63. Les mots zends se présentent dans l’Avesta avec des altérations
nombreuses et profondes. On en a déjà vu quelques unes dans le pa-
ragraphe précédent; parmi celles qui restent à signaler, beaucoup
ne semblent suivre aucune règle. Elles donnent à la langue de l’Avesta
l’apparence d’un idiome en décomposition ou d’une combinaison de
plusieurs dialectes locaux.
En voici les principales, en dehors des formes de flexion :
A parcourt tous les degrés qui le mènent aux autres voyelles fon -
damentales.
A devient ô, o, o, û, u ou ê, è, é, î'i.
Il devient o, ô, principalement à la fin d’un mot ou d’un premier
membre d’un mot composé, et lorsque dans la syllabe précédente ou
suivante se trouve u ou v.
Il devient è après y principalement quand la syllabe suivante a
pour voyelle i ou ê. Ex. it'yêjah destructeur, périssable (Cp. scr. tyâ-
gas), naçyèhi. Mais çaocayâhi, yahti et beaucoup d’autres mots gardent
a. Il devient e, principalement avant m, n final ou suivi d’une autre
consonne. Çet e descend même jusqu’à ?, surtout après y ou c.
Ex. môg'u pour mag'u (mage); hâkurena aide, de kare; yim, yem
pour yam ; hehti p. hanti (santi, sunt) ; tacinti p. tacanti de tac, cou-
rir; yès'ti p.yasti, sacrifice etc.; dâmôhu, dâmahva, loc. pl. de dâman,
créature.
64. â subit aussi plusieurs de ces altérations. Ex. vid'ôtus destruc-
teur de d'â; du de dâ (?); stzïna colonne de sla.
ô devient ê. Ex. vaçé pour vaçô (au gré). Yaçna XIII, 9.
ê final et oi permutent. Ex. mê = moi (à moi). Y. XIII, 2.
6o. nh représentant s, et n final, tombent après a; alors a devenu


— 31 —
final s’assombrit et devient ô par compensation (?) Ex. ko de kas; aspô
(cheval) de aspas (nom.) ; manô de manahh, esprit ; barô p. baran
(part. prés. nom. de bar, porter).
L’o provenant de anh et a deviennent é devant bi, by. Ex. rao-
cébîs, raocébyô, de raocanh, lumière.
A reste à quelques nominatifs et accusatifs du plur. Ex. ashavana.
S final suivant â tombe après que â est devenu eu. Ex. urvareu
(nom. plur. de urvara plante), pour urvarâs; urvareunh, urvareu.
â) s’amincit en a à quelques nominatifs pluriels de noms mascu-
lins en a.
o final provenant de as originaire redevient a avec la sifflante (sui-
vie ou non de e) devant t, V, n. C’est ainsi qu’une enclitique adjointe
au mot qui a perdu le 5 (hh) final fait reparaître celui-ci. Ex. kasna,
kastê (et non ko) ; urvarebsea (et non urvarebea). Souvent un e muet
est intermédiaire. Ex. kaset’wâm.
66. Les finales tendent à se durcir comme en sanscrit, ainsi z final
devient s. Ex. ères neutre de erez vrai, juste.
V liquide s’élargit en o dans avaoirista de avavris (Voy. urvis)
s’élancer sur et k’shoiwra = k'shviwra filant, coulant; dans ras-
maoyô, ashâvaoyô p. avyô, abyô.
§ 8. Suppression de syllabes.
67. Deux syllabes semblables se rencontrant, l’une des deux
tombe. Ex. clâtemô p. dâtatemô; k'shaèsa p. k'shayaèsa, 2e pers. sing.
pot. moy. de k'shi.
Ou elles se contractent. Ex. vâuraya p. vâvaraya.
i§ 9. Adoucissement et intervertion.
68. On remarque dans beaucoup de mots une tendance, probable-
ment dialectique, à adoucir les sons. Il en est surtout ainsi dans les
Gâthâs.Ex. g'zh pour kfsh,g'zhar, couler(kshar); k'd1 p. k't', uk'd'a,
parole; vîz'vahc p. vîsvanc; vara p. bara; azdébîs p. astébîs', astabis’
(instr. de astan, corps).
69. Par suite, l’ordre des sons complexes tend à s’intervertir pour
faciliter la prononciation.


— 32 —
Les sifflantes suivant une gutturale prennent parfois la première
place.
K'sh et sh (qui les représente) deviennent sk, sk. Ex. s’ki = shi,
k'shi habiter ; uski = ushi intelligence; çaoskyaîib = çaoshyanfr.
Vr devient rv, urv ; urvâta = vrâta.
nliu devient nuh. Ex. vaiiuhi p. vanhvi ; vazahuha p. vazanhva
(2e pers. s. impér. moy.).
Yân (iân) est p. înâ. Ex. fryàn p. frînâ de frî (prî) bénir ; de même
vân pour unâ dans hvânmahi p. hunâmahi.
§ 10. Finale des mots.
70. Sont tolérés à la fin des mots les consonnes t (après s, s),
é?, n, m, s, s, les groupes st, si, k's, k’s't, fs, rs et r suivi de e.
Toutes les voyelles, hormis o, le sont en principe; toutefois les finales
â et î deviennent brèves (Voy. §62. B.). On trouve cependant strî (Yt.
V, 92), et quelques autres formes analogues.
Aipifybaog'eet zinakesemblent être des erreurs de copistes (e p. ô).
On trouve déjà dans l’Avesta une tendance à rapprocher n de r
comme en pehlevi ; an s’échange avec ar à la fin de certains mots.
Ex. karshvân et karshvare.
On trouve la rac. qan. p. qar, briller ? etc.
Anls, finale du nominatif en ant, devient âs, as, cb, etc. Voyez
plus loin.
§ 11. Tableau comparatif.
I. PRINCIPALES MODIFICATIONS QUE SUBISSENT LES LETTRES ORIGINAIRES
DANS LA FORMATION DES MOTS SANSCRITS ET ZENDS (1).
Originaire. Sanscrit. Avestique. Voyelles.
n(ej — a — a i e é è ê, o, ô, u, â (§ 6-10, 12, 14)
â — â — â é è, ê, ô, u, â (ibid.) â (11).
i — i — i (6, 10).
î — î — î
(1) Il n’est donné ici naturellement que les règles générales.


— 33 —
U — û — ai — au — U — û — « — ô u, o (6, 9 et 10 fin), û (6). aè, ôi, ê (8, 10, 12). ao, éu, cb (10, 14).
ai — âi — âi (13).
au — âu — âu, (b (11, 14).
â — â — â, é (devant s) (6, 8).
an, am — an ,am,â — an, am, â (6, 2°, 4°).
ar — r — ere, are (2). Consonnes. GUTTURALES.
K — KJ Kh — K (18, 21, 80). K' (21, 80).
ç — S(Ç) (parfois devant voyelles, semi-voyelles et nasales) (27).
K(i, e) — C — C (17).
Kv — P — .P (18).
G — G — G, G' (18, 24, 80).
G7 — J — J, Z (Zh) (18, 30, 31).
G(i, e) — J — J, Z (18, 30).
Gh — Gh — G, G' (18, 22, 24, 80).
Gh’ — Gh-H — .1, Z(Zh) (18, 24, 30, 31). DENTALES.
T — T, TH — T, T', D', £ (18, 21, 24, 80, 16).
D — D — D, D' T', t? (18, 16).
Dh — Dh, , H - D, D', T', Z (18, 21, 22, 24, 16). LABIALES.
P - P, PH — P, F (18, 80).
B — B — B (19, 80).
Bh — Bh — B, F, W (V, 0) (19, 21, 22, 23, 24). SEMI-VOYELLES.
Y — Y — Y (34).
B — R — R, hR (avant K et P) (33, 34).
3


— 34 —
L — L, R
V — V
M — M
N — n, fi
S — S
Sh
Ç
Kv - Çv
Gv,Ghv— Hv
Ks — Ksh
Dv — Dv
SK — CCh
Sv — Sv
Sy — Sy
R (33).
V, W, P, B, après S (Ç), Z, t? (23,
NASALES.
M, h (25).
n, h, n, n (25).
SIFFLANTES.
S, H, (33, 34); Ç (27).
S', Sh (28, 29).
S, Ç (27).
GROUPES.
SP (13, 32).
ZB (32).
K'sh, sh (28).
B (19).
S, sk (27).
Hv (33).
Hy, nh, hvy (23, 33, 34).
Iï. RELATIONS PHONÉTIQUES DU SANSCRIT ET DU ZEND.
Voyelles.
Sanscrit. Zend.
a = e, è, ô azem = aham; vôhu = vasu; yèd'i = yadi
â = â), ê wiiha = âsa.
o, as fin.= 0, j barentô = barantas (as reste devant c).
quelquefois ê | manébîs' = manôbis pour manasbis.
e = aè ou ôl aète = êtê ; toi = te.
0 = é, ao ou éu (devant t, s final) paséus' (gén.) = paçôs
yé = yô.
ya fin. = ê aspahe = açvasya.
are, eve, car, pores = preh; (ehr devant k, p) vehrka =
vrka.


— 35 —
Consonnes.
Sanscrit. Zend.
k = k et k1 )ka = ka; kratu = k'ratu.
kh = kr et k jkhan = kan.
t = V (devant une consonne et entre deux vovelles.
P - P', t J
9 =9, 9', î gâus, ghenâ (femme) = gnâ ; jas = gacch.
d = dr(ettr) surtout entre deux voyelies, yêd'i = yadi;
vît'us = vidus.
th parfois= s (?) rasa = ratha.
9h = 9 garema = gharma.
dh = d, t’, d' dada, dat'â = dadhâ.
bh = b (parfois w, v) bara = bhara; aiwi = abhi.
j = j, z, zh zan = jan; zh devant n, zhnu = janu.
h = z, zh azem = aham; azhis = ahis.
ç = s, sh âsu = âçu.
s = s surtout devant p, t, n, asti = asti.
» == A ou tombe, hva = sva; ahmi = asmi; malii = smahi
(5 initial devant m).
)) — h sh, ç, s = sh, zh vizliva = viçva; duzh =dush (dev. les molles).
sv = hv, hv hva, hva = sva; hvafna = svapna.
çv = sp aspa = açva; vîspa = viçva.
dv = b on v bitya = dvitîya |cf. bis, dvis]; vaya = dvaya
ou ubhaya.
hv = zb zbayêmi = Iivayâmi.
rt = sh (1) mashya = martya (homme); asha = rta (le droit).
cch = s jasa = gaccha.
ksh = k'sh, sh shama = kshama.
(1) Que sh réponde à rt en beaucoup de mots, cest ce qui est incontestable ;
mais nous sommes loin de soutenir que l'un vienne de l’autre. L’échange se
fait même entre mots avesliques. Ex. pesha et peretu. La provenance pour-
rait s’expliquer dans les mots en ripa; lya deviendrait sya. shya et rshya
tomberait en shya. Le fait-est surtout incertain relativement à asha. En tout
cas ce mot ne peut correspondre h.açeha qui donnerait asa, comme gaech,
jas; icch, is, etc.


LIVRE II.
FORMATION DES MOTS.
CHAPITRE I.
NOTIONS GÉNÉRALES.
71. Les mots de l’Avesta, comme tous ceux des langues indo-euro-
péennes, se divisent en simples et composés et les premiers sont pri-
mitifs ou dérivés.
Les mots simples se composent de racines, attributives ou prono-
minales, de radicaux, de formes de flexion et d’aflixes, préfixes ou
suffixes Les racines attributives servent à former les noms et verbes;
les racines démonstratives forment les pronoms, les mots invariables
ou particules et les affixes. — Nous ne nous occupons ici que des
noms; les pronoms et les verbes seront traités plus loin.
72. Quelques mots semblent formés de la racine nue. Ex. tu, dores'
(dhrsh s.) (1). La presque totalité comprend une racine et une forme
de flexion. Ex. âfs\ vâk's', ou un radical et une forme de flexion.
Ex. tonus', aspê. — Les noms neutres non terminés par a, au nomi-
natif-accusatif du singulier, et beaucoup de noms masculins et fémi-
nins, au nominatif du même nombre, o»t le radical pur et simple.
Ex. ahu, nairi, mono (os), daèno etc., quelques-uns l’ont redoublé.
Ex. pâpo (de pâ) protecteur. Les mots primitifs se forment par l’ad-
jonction d’un suffixe dit primaire ou de formation, constituant un
radical. Ex. vâk'-s, vac-ô; tan-u-s’, tan-u-m. Les mots dérivés sont
formés des mots simples par l’adjonction d’un suffixe, dit secondaire
ou de dérivation. Dans l’un comme dans l’autre genre la voyelle de la
racine est parfois allongée ou amplifiée par le gouna, parfois aussi
(i) Les racines pures se trouvent surtout à la fin des composés. Voy. § 83.


— 37 —
redoublée ou nasalisée. Les suffixes qui produisent ces effets sont
principalement a, anh, ana, tar, ni, nu, ma, man, ya. Ex. aèsha de
ish; k'shayade k'shi; aènahli de in; hâvana (vriddhi) de hu; zaèni
de zi; haoma de hu; raod'ya de rud; gâma de gam; çûku, de çuk
(çuc) ; râman de ram ; rârema de ram ; darenga de darej.
Ces suffixes se divisent en nominaux et verbaux.
CHAPITRE IL
DÉRIVATION.
A. Suffixes nominaux.
§ 1. Suffixes de formation.
73. Ces suffixes sont simples ou composés. Ex. a, ka, ta, na, ya
suffixes simples; aka, tana, tya, suffixes composés.
Les principaux suffixes de formation sont :
74. Suffixes simples,
a, ama (force), kara (action).
anh,as,ô (abstraits),manaiili (esprit), ravaùh (espace), datifahhê (inf ).
an, urvan (âme), asan (pierre).
anc (direction), vîzhvanc (en toute direction).
ar (agent), nar (homme) (1).
are (acte), avare (secours), yâre (année).
i (s. adj.), azlii (serpent), zairi (verdâtre).
in (agent), tacin (coureur).
is' (abstraits, etc.), stairis' (couche).
u (s. adj.), ishu (trait), erezu (droit).
(i) Nous rangeons ici bâshar, cavalier, déformé de bartar. Dans ce mot le
t a disparu.


— 38 —
ud, ishud (but).
us, vafus' (sagesse).
âmh? (as), dw (sage), pl. ddrtihô.
ha (s. adj.), çuka (utile).
t (après racines verbales) k'slinû^ (sagesse).
ta (part, nom.), zasta (main), us’ta (salut).
tar (ta, dar, agent), pâtar (protecteur), dug'd'ar (fdle).
ti (acte, agent), jiti (victoire), paiti (chef).
tu (agent, moyen), ratu (maître), k'ratu (esprit).
Va (abstraits et adj.), gât'a (chant), frit'a (ami).
Vi, Vu (abstraits), cil'i (expiation), hit'u (lien).
Vra, Vri (instr. abst.), mât'ra (loi), eret'ri (droiture) (1).
Viva (abst. part.), vât'wa (troupeau); jât'wa (à tuer).
Vwan, Vware (acte etc.), keret'wan (travailler).
da (de ta), mîzhda (récompense).
d’a (adv.), avad'a (là).
d'i (fem. abstr. etc.) hared'i (inimitié).
d'ra (= Ira, dra), yaok'd'ra (fort).
na (abst. adj. part.) karena (oreille), perena (aile).
nahh (abstr. etc.), hvarenaîih (éclat).
ni, nu (id.), raok'shni (splendeur), tafnu (fièvre).
ma (s. adj.), aèsma (bois à brûler), garema (chaleur).
mahfy (id.) garaman^ (empoisonné).
man (n. et q. q. mascul.), daèman (vue).
mi (s. adj.), bûmi (terre).
ya (s. adj.), frya (ami), airya (arya).
ya (gérond. et part, fut.), paitiricya (répandant), daoya (décevable)
yu (s. adj.), mainyu (esprit), tâyu (voleur).
ra (s. adj.), vazra (massue), sûra (héros).
ri (id.), tig'ri (pointu).
va (id.), zaurva (vieillesse), haurva (tout).
van (id.), ad'wan (voie), isvan (dominant).
vanfy (s. et adj.), aurvan^ (rapide).
rare, urut'ware (croissance, intestin).
(1) Tra après s, s’ : zmis'tra angoisse.


— 89 —
vcbh' (nom. vcb, cas faibles, ush). Ex. erezvÆ (juste), cikit'vœ
(part, pf.) (ayant expié).
sha, shi (sa, si), drafsha (drapeau), ereshi? nuisance (ere?).
ha, dau'iha. N. pr.
hi, dahi (création).
75. Suffixes composés.
(an) ainis, hid'ainis (siège).
ainya, duzhainya (méchant).
airya, tak'airya (liquide).
aka, ake (agent), nivayaka (qui chasse).
ata (qualité), erezata (d’argent).
al1 a (acte), varat'a (protection).
ana (moyen, adj.), carana (instrument), zayana (hivernal).
anya (id. part, née.), merencanya (occidendus).
amana, amna, emna (part.), baremna (porté).
aya (s. adj.), nâvaya (coulant).
ara, javara (ardent à).
ari, adj., vad'ari (porteur).
ana (acte, agent, partie.), g'nâna (qui tue), avag'nâna.
t'ana (1) (acte), s'kyaot 'ana (action).
t’wahfy (part.), vîbéret'wan^ (s’étendant).
tya (part.), upamîtya (expectandus, statuendus).
t'ra, tra (acte), dâstra (dent).
dya (infinitif), dazdyâi, de dad (donner).
nya, dafshnya (abattu).
mana, mâna (instr.), daèmâna (vue).
maini, dâsmaini, (généreux).
rya (ag. adj.), vad'rya (nubile).
vana, âstravana (souillure).
vara, mit'wara (couple).
76. Il en est, en outre, une foule d’autres d’un usage très rare
qu’il suffit d’indiquer. Ce sont :
(i) Ou t fna.


— 40 —
ataùh ut 'ar t'ma, t'man
ahva ûra t'ya, t'yu
ima zu t'wanh
ira tan mu
iva t Å“i mya
isa t'rya yâs
Ira t'an sha, etc.
77. Enfin quelques suffixes sont formés par l’adjonction d’un a à
i suffixe simple pour ramener celui-ci à la déclinaison des noms en
a. Ex. urvanta (urvant), havapanha (havapaùh), nara (nar), âstravana
(âstravan), etc.
§ 2. Suffixes de dérivation.
78. Ces suffixes s'ajoutent à un mot contenant déjà un suffixe pri-
maire lequel se conserve intact ou se modifie selon les règles d’eu-
phonie, ou même parfois disparaît complètement. Ex. prim. raocahh,
sec. raocahha (suf. a), raocahina (suf. ina); aojanh, aojis'ta. Le mot
primaire reçoit parfois le gouna dans sa racine ou dans sa finale si
celle-ci est vocalique. Ex. asna, âsna; dahhu + a = danhava; mais
ahhu fait ahhva. Il peut aussi être sans suffixe.
79. Les suffixes de dérivation sont à peu près les mêmes que ceux
de formation. Il suffira d’indiquer ceux qui n’appartiennent qu’à la
seconde catégorie; le a initial y est généralement primaire.
ana et âna (patronymiques) vîvanhana de vîvanhcb.
aèna (ayana) adj., dérivés de subst. zaranaèna, d’or (zarana).
aona (avana), marshaona (marsh détruire? ou mar + s),
ati (abstrait), vanaiti coup.
ayana (lieu etc.), gâvayana de gâu vache.
âni (adj. dérivé), ahurâni (de ahura).
ista (superlatif), mazista (maz, grand).
ca (dérivé de ka), zairica?
tara (adj. de situation et comparatif) vîlara, aojastara (situé au
delà, plus fort).
tâfy (abstraits), haurvatâfy (incolumité) de haurva.
tema (superlatif), aojastema, très fort.


— 41 —
tô (tas) (adverbial), aiwilô à l’opposite ; de aùvi.
d'ya? des infinitifs.
nta formé de participes ou adjectifs en nt; çaokenta, brillant.
y a (adj. rapport à un objet).
yâoiih (y as) (comparatif), aojyâo, plus fort.
sa (sha devant u, i), fshûsha, faisant prospérer.
s'i (shi devant u, i), tevîshi, puissance (tu).
hu, hya (su, sya), sravanhu de srva (corne).
B. Suffixes verbaux.
Les racines verbales se développent souvent par l’adjonction d’une
lettre, spécialement d’une dentale ou d’une sifflante. Ex. paret1 (p.
paret) de par, combattre; uruzd de urud couler; hvafs de hvap,
dormir; shus de s'hu s’avancer; k’rush de k!ru traiter cruellement;
zaresh de zar saisir; diwzh de diw tromper.
Et avec insertion de i ou suffixe ish : k'ruish de k’ru, k’shnu-
ish de k 'shnu.
S est généralement inchoatif; s' (sh), désidératif. Voy. Verbes dé-
rivés.
CHAPITRE III.
MOTS COMPOSÉS.
80. La composition des mots dans l’Avesta suit à peu près les
mêmes règles que celle du sanscrit védique.
On y distingue la composition verbale et la composition nominale.
§ 1. Composition verbale.
81. Les composés verbaux ont, en général, un verbe pour second
élément; un préfixe adverbial ou un nom en forme le premier membre.
A. Les préfixes qui servent à la composition verbale sont :


— 42 —
aiti, au dessus, au delà (ati). us, en haut (ut).
aipi, vers, sur (api, em). ni, nis, en bas (ni, nir).
aiwi fdW, contre, sur (abhi,â^t).paiti, vers, contre (prati, îtotI).
aïïtare, entre, dans (antar).
anu, à la suite, le long (dvà)
apa, en s’écartant (apa, àno).
ava, vers en s’éloignant.
avi, aoi, vers.
â, vers, jusqu’à (â, ad).
pairi, autour (pari, rapt).
para, en avant, au delà (para,napà).
fra (frô), en avant (pra, pro).
vi (vis), loin de (vi, ve).
vit?, loin de (vifcbuyê).
lutin, copulatif (sam, àptà) (1).
upa, sur, vers, jusqu’à (upa, utto).
B. Le verbe qui entre le plus fréquemment en composition avec
un nom est la racine ou le verbe dâ, dat'. Ex. yaozhdâ ou yaozhdat',
mettre en bien, en heureux état, purifier; k'raozhdâ, durcir, etc.
(Cp. le latin : calefacere).
§ 2. Composition nominale.
82. Les composés nominaux sont des substantifs ou des adjectifs;
ils comptent généralement deux termes, parfois trois. Le dernier
terme est un nom, substantif ou adjectif, un participe ou un verbe
sous forme de racine simple ; quelquefois celle-ci prend le suffixe t
comme en sanscrit. Ex. humanô, bonne pensée ; vîspôverezya, propre
à tout faire; hubereta, bien offert. Ont la racine simple, par ex. :
fracare, aipicare (de car, aller), aghâvarez malfaiteur (de varez faire),
ânushac suivant (de hac suivre), vîrajan homicide (de jan tuer),
kerefsffar carnivore (de hvar manger), yavaèji toujours vainqueur (de
ji vaincre). Et avec t?, ishasemjify, qui perd, vainc le désir ; kfratu
gû$ à l’intelligence développée. Parfois la voyelle de la racine est
allongée, comme dans le dernier exemple; parfois aussi la racine est
abrégée. Ex. ashavag'a, âja (?) de g'an, jan; k'ralugûfr, à l’intelli-
(i) Ham a les formes liâm, hân, han. La première a sa place régulière
devant les voyelles, les semi-voyelles, les nasales, les labiales et les sifflantes ;
han, devant les gutturales, palatales et dentales ; hân devant les dentales.
Ham se trouve quelquefois avant une voyelle. Ex. hâmisa timon, hâmpatana
rencontre ; hankar accomplir, hântac accourir, hamanhuna chaine de mon-
tagnes (?). Mais ces principes ne sont pas bien observés.


— 43 —
gence développée. Les premiers termes peuvent être en outre des
pronoms ou des particules indéclinables. Ex. lwâvastra, qui a son
vêtement propre; duzhdcb, qui crée mal.
83. On compte dans l’Avesta des composés proprement dits ou
relatifs, des composés copulatifs et des numéraux. Les premiers se
subdivisent en attributifs, déterminatifs et possessifs.
I. Composés attributifs.
Les composés attributifs forment des désignations nominales ou
des qualificatifs; l’un des membres des composés exprime une ma-
nière d’être, une qualité de l’autre. Ex. aspôdaènUy cheval femelle; z '
ayôkWiusta, airain fondu; arshuk'd'a, parole vraie; dareg'ôjiti,
longue vie; huk,shat'hra, bon maître; kunâiri, mauvaise femme.
Beaucoup de composés attributifs ne se rencontrent que dans les
possessifs et en forment la base. Ex. paoiryôfrkaêsha, qui a la pre-
mière doctrine; pourunara, qui a des hommes nombreux.
IL Composés déterminatifs.
Les déterminatifs sont formés de deux éléments dont l’un restreint v _ 1
à certaines limites l’action ou la manière d’être désignée par l’autre. v
Duraèsrûta, renommé au loin; dareg'ôyas'ta, honoré longtemps;
tusnishad, assis en repos ; afrya, non ami ; amara, qui ne récite pas ;
vaséyâiti, l’allée à volonté.
Les composés de dépendance admettent tous les cas objectifs dans
le terme dépendant. Celui-ci présente tantôt le radical pur, tantôt la
forme casuelle pleine. Le radical a parfois la finale allongée.
Ex. a) urvarostraya, abattis d’arbre (génitif).
urvarobaèshaza, traitement par des végétaux (instr.).
maèghokara, qui produit la pluie (acc.).
arezbshûta, allé au combat (loc.).
âzobûj, qui délivre de l’angoisse (abl.).
(5) airiméahhad, assis dans un lieu écarté.
asnaèraèshb, blessant à proximité.
ahûmmerehc, faisant périr le monde.
7) aspâyaod'a (pour aspô), combattant à cheval.


— 44 —
Le ternie principal peut êlre un participe actif et celui-ci peut oc-
cuper la première place. Ex. barôzaot'ra, qui apporte des zaot'ras;
tacafyap, qui fait couler l’eau.
III. Composés possessifs.
Les composés possessifs indiquent que les êtres auxquels ils se
rapportent possèdent la qualité ou l’objet désigné par le mot entier.
Ils sont formés d’un composé et d’une finale indiquant la possession.
Cette finale se confond souvent avec celle du radical du mot fonda-
mental. Les autres genres de composés en général peuvent remplir
le rôle de ce dernier.
Ex. âsuaspa, aux chevaux rapides (de âsuaspa, attributif)
afs'ciCra, qui a le germe des eaux (afscit'ra, dépendance).
aèsmôzasta, qui a dans la main du bois à brûler (id.).
IV. Relatifs.
On pourrait encore distinguer les composés relatifs qui expriment,
au moyen d’une préposition, un rapport d’état ou d’action existant
entre le sujet et le second terme du composé.
Ex. upâpa, qui est sous l’eau.
tarôyâra, qui dure une année (litt. qui va à travers une année).
paityâpa, qui va contre l’eau.
V. Copulatifs.
Ils sont formés de deux termes unis; le composé est au duel. Ex.
pasuvîra, troupeaux et hommes.
VI. Numéraux.
Ils sont composés d’un nom de nombre et d’un substantif. Ex.
biayara, deux jours; biyâre, deux ans; dasagâya, dix pas.
Ils sont tous au pluriel neutre excepté ceux formés de ak'sti, ra-
meau et haptôiriîiga, les sept étoiles de l’ourse; les premiers sont du
féminin, le dernier du masculin. Cependant il n’est pas certain que
tous ceux en a (em) soient du neutre.


— 45 —
Remarques.
84. A. Dans la formation des composés la finale des premiers
composants subit souvent une altération.
Les noms masculins et neutres en a, les noms en ahh et en an et
parfois aussi les féminins en a changent ces finales en ô (nh et n
tombent comme dans les finales). Ex. hvarenôdâ>, qui donne l’éclat;
daènodiça, qui enseigne la loi (de daèna loi). A peut aussi rester.
Ex. ustânazastô, qui a les mains tendues vers le ciel (de ustâna).
Les voyelles sont parfois allongées. Ex. hat irânivâiti de hat'ra;
aghâvarez de agha, varez; vohûkereti de vohu. Ant devient afr (1).
Ex. arenafy caèsha.
Parfois une sifflante est intercalée entre les deux termes ou bien
la forme du nominatif est employée pour le premier. Ex. awzhdâta,
placé dans l’eau.
B. On peut aussi en zend, comme dans les védas, unir étroitement
deux ou plusieurs termes en donnant à tous la flexion du duel ou du
pluriel, selon les cas. Ex. aspavîraca, alayûitî tevîshî.
Au Visp. II. 1-12, 35 les noms des sept karslivars sont tous au
pluriel : Arezahêibyô, Savahêibyô, etc.
C. Les composés avestiques peuvent avoir plus de deux ternies et
dans ce cas deux des composants peuvent former un composé spécial.
Ex. hugûshayafyuk'd'a (qui entend bien les paroles) formé de ukid'a
et du déterminatif hugûshayafy; avacôurvaiti, la non communauté de
prières; a nie ici le composé vacônrvaiti, concordance, communauté
de prières. Frâdafrvîspâmhujyâiti est formé de frâdafy (comp. verbal)
et du double composé attributif vîspàmhujyâiti, la vie heureuse sous
tout rapport. Dans framennarovîra le second membre est un copula-
tif : narovîra, les hommes et les guerriers.
D. La langue de l’Avesta admet dans les mots composés une plus
(i) C’est-à-dire que le thème est faible et £ est traité comme finale. C’est
pourquoi l’on a aussi bien barafy-ûyapta qui apporte des dons (Yt. XIII, 42):
dàrayafy-rat'a que frâdaf-gaètJa et arenafy-caèsha. Ce n’est donc point à
cause de la lettre suivante et les règles posées relativement à l’emploi de
ïp sont donc en pnrtie fausses.


— 46 —
grande indépendance des termes composants, qu’aucune autre langue
indo-européenne.
On a vu plus haut des cas où le premier terme conserve sa forme
de flexion (ahûmmerenc, etc.). Dans d’autres, l’un des termes conserve
cette forme alors qu’un autre terme mis en apposition, perd son in-
dépendance. Ex. nairyâm hâmvaretivanfc (doué d’une valeur virile)
est formé comme si le suffixe vaut était un participe présent signifiant
possédant. Hâmvareti lui est uni comme composant et nairyâm est
traité comme mot indépendant. Vîspemmâl’ra est composé de même;
le suffixe possessif a remplace le participe et régit vîspem mât'rem;
c’est celui qui possède toute la loi.
E. Lorsqu’un nom propre est formé de deux termes, ceux-ci sont
traités tantôt comme éléments d’un mot composé, tantôt comme in-
dépendants. Ex. vohumanôrâla, don de Vohumanô.
De Nairyôsanha on trouve Nairyosanhahê et Nairyèhê sahhahê,
etc.


LIVRE III.
DES FLEXIONS.
85. Les mots zends, comme ceux de toutes les langues indo-euro-
péennes, sont composés de racines, de radicaux et d’affixes. Le zend,
comme toutes les langues sœurs, exprime les principaux rapports
des mots et des idées au moyen de suffixes ajoutés aux racines et aux
radicaux avec une transformation plus ou moins grande de ces deux
éléments des mots. Ces flexions forment deux catégories distinctes
selon qu’il s’agit de noms (substantifs, adjectifs ou pronoms) ou de
verbes.
SECTION I. — FLEXION DES NOMS.
CHAPITRE I.
DES NOMS SUBSTANTIFS.
§ 1. Genre, nombre et cas.
86. Le zend a les trois genres : masculin, féminin et neutre.
Quelques mots désignant des êtres humains ou des animaux ont
une forme spéciale indiquant le sexe.
Pour les autres les voyelles longues finales d, ?, ù servaient spé-
cialement, à l’origine, à noter le féminin. Avec l’altération de la langue
ces voyelles sont devenues brèves et les genres ne se distinguent


— 48 —
plus par la forme extérieure. Cependant le a final du féminin, primi-
tivement long, ne devient pas o, si ce n’est dans quelques composés.
Le neutre a pour caractéristique, aux cas directs des thèmes en
voyelles, em (p. uw) dans les radicaux en a; i et u brefs dans ceux
en i ou en u.
Les termes abstraits en i, ti sont généralement du féminin, ceux
en ahh, du neutre.
87. L’Avesta a les trois nombres : singulier, pluriel et duel.
Le duel dans les noms s’emploie pour désigner les objets qui exis-
tent en double ou couple, comme les membres du corps; ou après le
nom de nombre deux : dva, uva, uyê, etc. Quelquefois aussi pour
désigner deux espèces opposées sur lesquelles on veut appeler l’at-
tention : mainyû, les deux esprits, le bon et le mauvais.
88. On y trouve huit cas (comme en sanscrit) : nominatif, vocatif,
accusatif, génitif, datif, ablatif, instrumental et locatif. Les six pre-
miers ont à peu près la même valeur que les cas latins semblables ;
l’instrumental désigne la concomitance, le moyen, la cause; et le lo-
catif, le lieu dans lequel, l’objet près duquel s’accomplit un acte ou
vers lequel il tend. On trouvera plus foin quelques détails.
§ 2. Flexions.
89. 11 n’y a en général pour chaque cas qu’un seul suffixe origi-
naire, exprimant les rapports en relation avec les nombres; mais la
combinaison de ces suffixes, avec les diverses finales des radicaux,
produit des formes souvent très différentes pour un même cas. En
outre les formes primitives ayant subi de nombreuses altérations,
les flexions zendes ont des formes assez compliquées.
90. Il y a lieu, en conséquence, de distinguer plusieurs déclinai-
sons qui se différencient par la finale des radicaux attribués à cha-
cune d’elles.
Justi compte douze déclinaisons, mais dans ce grand nombre il en
est plusieurs qui rentrent parfaitement dans celle des radicaux en con-
sonnesjet qui ne présentent d’autres particularités que des modifica-
tions^conformes aux fois générales ci-dessus exposées. Nous pré-
férons donc n’en compter que six comme en sanscrit et commencer


— 49 —
par la 12e, celle des radicaux finissant par une consonne, parce que
c’est elle qui a conservé le mieux les formes originaires ; celles-ci
sont données entre les parenthèses. Le nominatif-accusatif neutre
sing. n’a pas de suffixe.
91. Voici ces formes distribuées par cas et nombre :
Singulier. Pluriel. m. f. n. Duel.
Nom. S ô (as) a, i cb. â, a (s. du), i (1 ),
Acc. em (am) ô (as) a' )) )>
Gén. ô (as), hê (sya) dm (dm) cb, aos (s. os).
Dat. ê (ai) byô (byas, bhyas) bya, byârn (bhyâm).
Abl. atf, fy, (t, d) » » »
Instr. a (p. â) bîs (bhis) »
Loc. ya, i shva, shu (id.), hva Å“, 0.
A du génitif-locatif du duel peut dériver de ao comme de au; il
fait cbs devant c. Quelquefois un y de liaison s’introduit, v. ahhuyaos'.
On trouve encore des traces d’une forme en i, au nom. plur. du neu-
tre. Ex. nâméni de nâman; daman p. clâmâni.
92. Particularités. 1. Les radicaux masculins et neutres en a ont
ahê (= asya) au génitif du singulier. Au pluriel, les masculins ont
aussi âohhô (âsas) au nominatif et ân, as à l’accusatif; les féminins
ont cb (as) à ces deux cas, et les neutres â, a (p. ani?). Le neutre a
au nom. ace. du singulier em, correspondant à am, om, ov (2).
— 2. Les radicaux en i, u gounifient ces voyelles û plusieurs cas.
Ex. singulier, gén. avô, dat. ave, abl. aofy. Ceux en i ont le datif en
éê p. ayê, le gén. et l’ablatif en ois, ôi$.
Les datifs en éê (p. ayê) se sont formés probablement par change-
ment de a en é sous l’influence du y ou de yê, puis par la chute de y
dans éyê.
ois, ôi§ (gén. abl.) p. ayas, ayat, se produisent par chute de a et
vocalisation de y, ou par la condensation de ya en i; ce qui revient
au même. Aya donne aè et ôi devant 5 ou t final; comp. aèm.
(1) Dans té, dans hahuharenê, mâchoires, et peut-être miVwairê. En sans
crit mêmes formes, tè, çivê, etc.
(2) Cet am est la forme de l’accusatif ou de l’objectivité.
4


— 50 —
— 3. Les radicaux féminins, primitivement en a, î, û ont aux cas
obliques du singulier, des formes spéciales, comme en sanscrit. Ce
sont œ (as), pour le génitif; ai pour le datif; â, a pour le locatif.
Ceux en â prennent un y après le radical pour empêcher la confusion;
i final devient y; ceux en î primitif devenu i, n’ont point 5 au nomi-
natif du singulier. On attribue à quelques féminins en i un locatif en
ô. Mais rien de moins certain que cette explication des mots yûtô,
hamistô, huzâmitô. Le second peut être un nominatif de thème en a
(participial); le troisième un accusatif pluriel. Yûtô même peut être
un participe passé en ta.
Dadabhâi passe aussi ces mots sous silence. Voy. Zand bhâshânum
vyâkarana, p. 30-31. On y remarquera qu’il fait vairi, varaya,
neutres.
— 4. Les neutres en u, i ont au nominatif-accusatif du pluriel va,
ya (a) et û, u, î, i. — Au nom. acc. duel ils ont u, i.
— 3. Il y a aussi quelques thèmes en â. Presque tous sont des
mots composés, provenant de racines pures. Ex. dâ, stâ. Ils se dé-
clinent comme les thèmes consonnantiques. Le â du radical se fond
naturellement avec le a du suffixe. D’où le génitif singulier et le no-
minatif pluriel sont en cb, cb(s) p. âas', âs\ Le dat. sing. est en âi, le
gén. plur. en dm. Ex. (maz)dcb, gén. (maz)dcb, acc. (maz)dâm, dat.
(maz)dâi. Nom. pl. (zaraz)dcv, gén. zytim. — Rat'aèstâ a au loc. du
sing. rat'ôistê (?).
On trouve aussi des féminins en î : Voy. page 62.
— 6. La plupart des formes parcourent tous les degrés d’altération.
Ainsi l’acc. pluriel des mots en u fait avas (ca), avô, ava, va, va, ûs',
us', au masc.-fém.; va, û, u au neutre.
Le nom.-acc. du plur. des noms masculins et féminins de la décli-
naison consonnantique ont as, ô et même a.
93. Quelques formes ne peuvent être déterminées parce que les
exemples manquent. On ne peut non plus donner des paradigmes
réguliers comme dans les autres grammaires; l’Avesta ne présente
les formes complètes d’aucun mot.
On doit bien supposer quelques formes pour construire le para-
digme-type; pour les autres il suffira de donner le nominatif en
entier.


— 51 —
94. Plusieurs espèces de radicaux de la lère déclinaison, ou décli-
naison consonnantique, ont des formes pleines et abrégées. Les cas
à forme pleine sont dits forts, les autres sont dits faibles ou moyens,
très faibles ou faibles selon que le radical est plus ou moins altéré.
Les cas forts sont tous les nominatifs et accusatifs. Les moyens sont
ceux des cas obliques dont le suffixe de flexion commence par une
consonne, c’est-à-dire les datif, ablatif et instrumental du pluriel et
du duel et le locatif du pluriel.
Mais ces distinctions ne sont pas bien observées dans l’Avesta ;
l’accusatif du pluriel a souvent le thème faible, et les cas faibles ont
parfois le thème fort.
Ière Déclinaison.
95. Elle comprend :
1° Les thèmes de forme commune.
Ces thèmes perdent le s' du nominatif singulier à moins qu’ils ne
soient terminés par une gutturale-palatale, une labiale ou une sif-
flante. Les thèmes en isr, us’ changent s’ en sh devant les voyelles et
en zh devant Z?. Ex. snait'is) snait'izhbya (zhi par épenthèse).
2° Les thèmes en ahh (as).
Ceux-ci prennent œ (pour âs) au nominatif singulier du masculin
et du féminin et ô (p. as) au même cas du neutre. Quelquefois aussi
le suffixe ahh redevient ô (p. as) et, par amincissement, é devant
les consonnes.
Le nominatif du pluriel neutre allonge Va, il fait œ (p. âs) (Cp.
manas, manâhsi).
Des formes telles que zraya, qui semble être le locatif singulier de
zrayahh, sont expliquées par la chute de hi. N’est-ce pas plutôt une
forme subsidiaire en a?
3° Les radicaux en aht.
Ceux-ci ont le double thème anfy, afy, mais plusieurs mots conser-
vent le thème fort aux cas faibles. Ahts (au nominatif) devient às>
ou Å“ (as).
Aht? devient ent?, infy; et devant à, ah ou eh.
At devant ê, i prend l’épenthèsc (ait); avec hu il fait asu.


— 52 —
S'vant originaire, devient hhvanfy, nuhanfy et même nhuhfy (Justi
11e décl.).
Mazafr (grand) fait mazcbhfy aux cas forts, comme le scr. mahat
fait mahânt.
4° Les radicaux en âs originaires.
as devient cb (cbs devant ca), Å“hh devant une voyelle; cb devant b.
Ces mots ont aussi un thème en â. Ex.dÆ>, acc. sg. dam et d’cbhhem
(Justi, IVe décl. B).
Mazdcb n’appartient peut-être qu’aux radicaux en â (Voy. plus loin
§ 103).
8° Ceux en an originaire.
An fait au nominatif du sing. o, a, cb (1) pour le masculin ; a pour
le neutre. Ya final (de yan) devient ê. Ex. Frahrasê de Frahrasyan.
Ya reste ou devient yê ou i aux cas obliques.
Les mots en an ont les trois thèmes an, an et n, qui tous trois se
rencontrent parfois aux cas faibles ; urvan fait aussi urvânem.
Le nominatif pluriel du neutre est éni (p. âni) forme pleine; ou
an, a (formes altérées).
Au datif pluriel ces radicaux ont ôibyô au masculin ; aibyô, abyô
et ébyô au neutre.
Au locatif ils font ahva, ôhva et ôhu.
Van donne aux cas faibles un et avan, aon. Ex. urunô de urvan,
âme ; yûnô de yuvan, jeune (û de u + u) ; ashaonô de ashavan, saint ;
ât'arvan fait ât'aurunô; au voc. s. ât'raom. Ashavan et yuvan ont
de même au voc. as'hâum, yûm. On trouve aussi le thème yavan.
Ravan, vallée, fait aux formes faibles raon et span, chien, a sûn
(de svany, rasman rang et ashavan juste, ont au datif pluriel rasmaoyê,
ashâvaoyê (o p. v, b).
Les noms en in, même les féminins, ont i au nominatif singulier
et aux cas moyens. Ex. kaini de kainin, jeune fille (p. kainî);
yévibyô de yévin, de grain (yavin). Les féminins ont aussi le thème
în : kainînô (Justi, VIIIe décl.). Yévin (yavin) fait à l’accusatif pluriel
yévînô et perenin, perenînô au nom.
(i) De l’or, ans, âs(V). Voy. N. zafco (Urizafan) ; veretirajco.


— 53
6° Les radicaux en isr, us'.
Ils changent s en sh devant une voyelle et en zh devant b ou l’i
épenthétique (1) qui le sépare de b. Ex. snait'is (glaive) fait à l’instr.
du duel suait'izhibya ; cladus fait dadûzhbîs (Justi, Xe décl.). Il en est
de même de ceux en s devant b. Ex. vîs, vîzhibyô.
7° Les radicaux en tâfc.
Ils ont au nominatif tas p. tâts. Ex. avaètâs, détresse; et auss
tcbs devant ca. Ex. astentœsca. Cette dernière forme prouve que
ameretcbsca n’est pas au duel,
Devant b, tâfy reste : ameretâfybya.
Haurvatâfy s’écourte et fait haurvœs, haurvatâ.
Dans yavaètâfy, yavaè se sépare parfois : yavaè ca tâitê (à perpé-
tuité).
Pour la déclinaison du comparatif en yas et celle du participe du
parfait actif, voyez plus loin (Justi, décl. V et VI).
96. Voici les paradigmes (2) des cinq premières espèces de ra-
dicaux.
Il est à remarquer que les formes variées, indiquées presque à
chaque cas, appartiennent généralement à des mots différents ayant
le même radical. Quelques mots se présentent avec deux ou plusieurs
formes.
Les signes — indiquent un radical indéterminé et non celui de la
ligne immédiatement supérieure. Dans l’exposé des formes de flexion,
nous nous sommes abstenus de répéter constamment les applica-
tions des principes connus. Par ex. ô et œ devant ca font as, œs.
(1) Ou euphonique.
(2) Dans le premier figurent, à l’ablatif du singulier, les formes àt?, âafy,
dd>a de vïsâfc, apâafc, nemaùhâd’a; mais elles proviennent peut-être de
thèmes secondaires en a; visa etc.


— 54 -
97. Ière Déclinaison. — Thèmes consonnantiques.
I. FORME CONSONNANTIQUE SIMPLE. IL RADICAL EN CUlll.
Singulier.
Masculin-Féminin. Neutre.
Nom. vâk'-s', âfs' (1). (dusman)cb (/).< d. “
Acc. vâc-em (im) (1). dus'man anhem (8):*— Gén. vîso, hacVishô. — ahhd. - —
Dat. vîs-ê. — ah/iê.
Abl. vîs-afy (2). — ahhafy.
Instr. vac-a. — ahha.
Loc. vîs-i (3). — ahi.
Voc. — ô, a. Pluriel.
Nom. , vâc-o (4). — ahhd. cb (cbs).
Acc. vâc-o (4). — ahhô. cb (cbs).
Gén. vac-âm. — anhâm.
Dat. Abl. | vîzhibyô (8). — ébyô.
Instr — ibîs. — ébis, ébîs'.
Loc. Voc. — shva, hva (6). âp-ô. — alwa (9). Duel.
N. V . A. ameretat â. — ahha. ahi.
G. L. ameretât cb. — ahhcb.
D. Ab. I. ameretafy bya. — (ébya).
(0 Vis. — Neutre sans suffixe. (ô) Ou shu.
(*) Aussi dfy, dafy, dd !a. (7) Aussi cûs(ca), asca.
(3) dp a aipi, aipya. (s) Ushanh, aurore, a ushdonhem.
(4) Vacasca; ou a : vaca. (9) N. ôhva, ôhu, ahu.
(5) Vdghzhebyô, aiwyô (ap). Dadûzlïbîs.
R. vdc vox; ms (viç, vicus) clan; had'is', siège; dp (dp, aqua) eau; dus'
mananh (

— 55 —
HI. Radical aht. IV. Radical as. V. Radical an.
.Singulier.
Nom. vy-âs (ca) (1)*. hud'-cb. airyam-a (ô, cb).
Acc. aurv-cihtem (2). — cbhhem. — anem (13)
Gén. berez-atô (3). — cbhhô. — anô (14).
Dat. aitê (4). — cbhhê. — aine (15).
AbJ. ata$ (5). — cbhhat>. marat' nat> (ad'a).
Instr. ata (6). — airyam na (16).
Loc. aiti (7). — — ni (17).
Voc. at>, ô, a. Mazd-â (a, cb).
Pluriel.
Nom. Voc. dru-ahtô (8). hucV cbhhô. karap anô (18).
Acc. — ahtô (9). — cbhhô. — anô (19).
Gén. — atàm(lty. — cbhhâm. karaf nâm (20).
Dat. Abl. j — afybyô (11). — cbbyô. dam abyô (21).
Instr. —afybîs'fad'b.).— cbbîs'. — ébis’.
Loc. — açu. vîjvcbhu (?). k'shcip ôlwa (22).
Duel.
Nom. V. Acc. aîita (12). airyam ana (23).
Gén. Loc. ahtcb. nco.
Instr. Ab. ehbya.
(i) Ou as, an, à, cb, (9) Ou ehtô, ahta, atô, , (15) Ou ànô, nê.
ô, a, n. atç. n . ata. (iô) Ou ana (una).
(2) Ou ehtem, ihtem. (10) Ahtam, ehtâm, ih- ■ (17) Ou àni, aini.
(3) Ou ahtô, ihtô, âtô. tàm. (18) Ou àno, âna; n. ân.
(4) Ou ahtô, enté, âitê. (11) Ou ahbyô. (19J Ou ânô, nô (unô);
(5) Ou ahtaç. (12) Ihta; n. ahti. neutre ân, èni.
(ô) Ou ahta, âta. (13) Ou ânem, ânem, , (20) Ou anàm.
(7) Ou aihti. nem. Van fait unem. (21) ôibyô, aibyô et aoyô.
(s) Ou ehtô, ahta. (14) Ou ànô, nô. (22) Ahva, ôhu.
(23) Neutre a; dama.
Vyan poussant ; aurvanfa ardent; berezafr élevé; clrvafy méchant; hucVco
bon, sage; airyaman client; karapan mauvais génie?; daman créature;
k'shapan nuit. Franrasyan (nom d’un roi touranien), fait au nom. Franrasya
d’où Frahrasê.
Int? est pour yant? ou s’emploie après les palatales ; hvahC? (svant) donne
aussi hhuhfy. Hanfc (étant) a hàt même aux cas faibles.


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98. IIme Déclinaison. — Thèmes en a.
Singulier.
Rad. data, datus; vâta, venius, vâta; maidya, médius, madhya.
Masculin. Neutre. Féminin.
Nom. dât-ô (as ca) dâtem (1). dât-a (â, ê).
Acc. dât-em (2), dâtem. — dm.
Gén. vât-ahê (hya) (3). — ayœ (ayœçca, yœ).
Dat. (dât)-âi. — ayâi.
Abl. vât-âfy (âatç, at?). — ayâfy (y-âafy, âfy, at?)
Inst. vât-a (4) (â). — aya (a).
Loc. (dât)-ê, maid'y-ôi (aussi aya). — aya (ê?).
Voc. dât-a. Pluriel. — ê, a.
Nom. dât-œhhô(â, a). N. œ, a (S). dât œ (a, ê).
Acc. vât-ân (âs-ça) (G). »
Gén. dât-andm (dm). — anâm (dm) (8).
D. Abl vât-aèibyô (vyô). ) (ôibyô).) — âbyô, ébyô, âvyô.
Inst. dât-âis (aêibis, ôibîs). — âbis.
Loc. dât-aèshva (shu, âhu). Duel. —. âhu (âhva).
N. Acc ;. vât-â, a, ê (7). — ê (a).
Gén. — ayœ (œs ca). — ayœ.
D. Ab. I.— aièbya (aiwê, ave). — âbya.
— — ôibya.
Loc. — ayœ, ayô (?).
(1) N. îm, im, ûm, um de yam, vam etc.
(2) A.êm, aom, âum, îm de ayam, avam, yam etc.
(3) Dans quelques mots devant ca, cïty; a s’allonge alors; èhê après y.
(4) De â (a + a), abrévié.
(5) Neutre : Å“s devant ca; ou plus probablement forme masculine colla
térale.
(ô) Primitif : Ans. On trouve toutes les formes as, an, œ, â, â, és (ca), é, a
(7) Neutre a, ê.
(s) G- ’ena (femme) a aussi g 'enânam.
N. y a final devient ê. Ex. airê p. airya.


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99. IIIe Déclinaison. — Thèmes en u.
Sing. Masc.-Fém. Neutre. Exemples.
Nom. US, U (1) u. nasus', ahu, bâzâus (3). N. vôhu.
Acc. ûm (âum, aom, um). u. nasâum, danhaom, ahûm, minum.
Gén. (a) vô aos', âus, eus. nasâvô, gaèsâus, ahhavas, draos', paséus', rat'wô.
Dal. vê, uyê, avè, avôi, aovê?. zantavê, rat'wê, ahuyê, yavôl.
Abl. vat>, ao$. aiihaofy, tanvat> (f.).
Instr. ava, va, vô, u. yava, bâzva, gâlu.
Loc. * vi (qqf. vô, va, avô) (2) tanvi, anhvô (4) (a), anhô, k'ratœ?
(œ, au, uya?) (*), ô (gâtô). vahhâu.
Voc. u, ô (vô?). ratavô, mainyû (ô).
Plur. Masc.-Fém. Neutre.
Nom. vô (avô, va, ûs, us). va,û, u.nasâvô, ratavô, bâzava, pasvas(ca) bâzva, paourûs. N. erezva,pouru.
Acc. avô, avô, ava, vô, û, u. id. id. id. pasvô (a),
va, ûs’, us'. pasûs, gâtus'. N. pouru.
Gén. unàm, ûnâm, vâm. zantunàm, rat'wâm (aidyûnam).
D. Abl. ubyô, uiwyôï' ratubyô, hunûiwyô.
Instr. ubîs (ûbîs). (ratubîs).
Loc. ushva, ushu. gâtushva, tanushu.
Duel.j
N. Acc. û (u). mainyû, erezu.
G. vœ. k'ratavcv, ahvcb.
D. Ab. I. ubya (uwê). pasubya, bâzuwê.
Loc. vô, uyaos (?). anhuyaos (?,.
(1) Fém. aussi dus'î (2) Proprement génitif. Fém. a?
(3) Thèmes : nasu (cadavre), ahu (chef), bdzu (bras), danhu (contrée),
minu (gemma), gaèsu (?), dru (bois), pasu (pecus), ratu (chef), zahtu (race),
yu (durée), tanu (corps), h1 ratu (intelligence), mainyu (esprit), gdtu (trône),
pouru (nombreux), vôhu (bien), erezu (droit).
(4) Probablement génitif p. locatif.
(*) Le mot bareshna que l’on donne comme un locatif de bareshnu est
plutôt un instrumental d’une forme bareshna collatérale.


— 58 —
IIIe Déclinaison.
Sing. Masc.-Fém, Neutre.
Nom. is', i (fém. î). ?•
Acc. îm (im).
Gén. ayô, ois (f. ayâ>, ycb, yô).
Dat. éê, yôi (yâi, ayê) (1).
Abl. ôitp (f. yâfy, aêd'a) (2).
Instr. i (f- ya}-
Loc. â– ayi, ay, a (3).
Voc. ê, i.
Plur. Masc.-Fém. Neutre.
Nom. ayô, aya, yô, îs’, a is. (p. y a) i.
Acc. » » îs, is (4). » (?).
Gén. inâm, ayâm, y dm.
D. Abl . ibyô.
Instr. ibis\
Loc. ishu, ishwa.
Thèmes en î, ?.
Exemples.
paitis’, paiti, strî (f.) (o).
paitîm, — urvaitim.
vayô, patois', azyâ) (f.).
pâtée, -jyôi,-k’shnvaityâi, karstayê.
garôify, barel'ryâfy (f.).
gairi, hvaretLya, sraya (f.).
gara, berezantya.
paitê, paiti.
patayô, hak'aya, hak'ayô, gairîs’.
N. ashi.
garayô, -jyô, paitîs’, veret'rag'nis',
paiti.
paitinâm, vayâm, raog'nyâm.
gairibyô (asca).
azîzanâitibis .
k'shat'rishva (shu).
N. Acc. (î), i.
G. (ycb).
D. Ab. I. ibya.
Loc. (yô).
Duel.
i. paiti, fshaonî (ca) ; ashi (n.).
ashibya.
(1) Dans les féminins en i primitifs. — Devant enclitique ayaè.
(2) De ayad'a. (3) Fém. y a, aya.
(4) Fém. aussi ycb, yô.
(5) Paiti (chef), urvaiti (accord), azi ()),ji (rac., vivre), k'shnvaiti (réjouis-
sante), gairi (montagne), bareéri (gestans), hvaret'i (manducation), srî (beauté),
berezanti (élevée), hah]i (compagnon), veret'rag'ni (victoire), k'shat'ri
(épouse), tevîshi (prospérité), ashi (œil), zîzanâiti (qui enfante), vi (oiseau).


— 59 —
100. IVe Déclinaison. — Thèmes en tar, ar (tr, r).
Singulier.
Nom. pat a (lô) (1).
Acc. — tarem (târem, Vrem?) (2)
Gén. dât'rô (3).
Dat. — t’rê.
Abl. ât 'rat?.
Inst. — Vra (nara).
Loc. — tairi (nairi).
Voc. , dâtare, âtare, nare.
Pluriel.
Nom. patarô (tara) (4).
Acc. âtarô (tara) (4).
Gén. — Vrâm (narâm) (8) sâsVrâm.
D. Abl. âtarebyô (6).
Inst. — (tarebis).
Loc. — (tareshva).
Duel.
Nom. — Vra (tara, tara).
Gén. — t'rcb (narco).
D. Abl. — tarebya, nerebya.
(1) dtar, feu, fait dtars', nar a nâ.
(2) Les noms d’agents, bâshar (cavalier) et stare (étoile) ont ârem. —
Brdt’rem, âVrem au Yesht XXIV.
(3) Sàstar, tyran fait sâstars ; stare a aussi stârô; nar, homme, fait : gén.
nars', neres ; dat. narôi, nairé.
(4) Les noms d’agents ont drô. A l’accusatif nar fait nerâs, narés, neréus’;
star fait stréus',
(5) Stdram, strdm de star.
(g) Nare fait nerebyô, nuruyô.
Dugtd'ar, fille (Ouyarvjp), naptar (nepos), font aux cas faibles dug 'd'r,
nafdh\. Patar (père) prend aussi le thème ptar, d’où fdh^ô^d1 2 3 4 5 à cause de
r et f à cause du d1 suivant.


— 60 —
101. Ve Déclinaison. — Radicaux en^diphthongues.
Ils sont très rares ; gao (bœuf) est le seul dont on puisse assurer
la déclinaison. Ce mot est du masculin et du féminin.
Singulier. Pluriel. Duel.
Nom. gâus. gava.
Acc. gâum, gaunt, gaom, gant. gavô, gâ> (1). gavât (en comp.).
Gén. géus, gaos ou gâus. gavant.
Dat. gave ou gavôi. (gaobyô).
Abl. gaofy.
Instr. gava. gaobîs.
Voc. gaos.
Raè appartient aussi à cette déclinaison. Il a au sing. : acc.
raèm; instr. raya; au pluriel : acc. rayô et raès'; gén. rayant. —
Nom. sing. raês?
102. Quelques formes en ât sont incertaines. Arezvât, Yt. XIII, 115,
doit être un nom. pour un gén. Pavât, Yt. X, 46, est le nomin. d’un
participe en vaut (?).
103. VIe Déclinaison.
Quelques mots ont un radical en a qui fait au génitif âts de âas,
au datif ai, à Face, âm, etc.
Ainsi font zyât (hiver), nom. zyâtscify; acc. zyâm. Zât (terre),
acc. zâm. — (hv)âpât, acc. âpâm. — Dât sagesse et création; gén. dât,
acc. dâm (Voy. ci-dessüs).
Parmi eux il en est plusieurs qui ont un autre radical ; les deux
premiers ont im, em, les deux derniers (âs) âtnh. D’où le nom. plur.
zimô, zemô et Mazdâmhô, dâthhô. Mais ces derniers sont peut-être
des nominatifs en asas comme à la classe en a.
Remarques.
104. Il se manifeste dans l’Avesta, comme dans les inscriptions
cunéiformes, une grande tendance à employer les formes de la décli-
(i) Cp. gâs.


— 61 —
naison en a et à transformer à cette fin les radicaux de toute classe
en y ajoutant un a. Ex. had'is, siège, fait had'isha (allé).
Sâstar, souverain; gén. plur. sâstranâm (thème sâstra).
Nemanh, hommage; acc. sg. nemem (?).
105. Certains mots ont plusieurs thèmes. Quelques uns d'entre eux
ont les mêmes en sanscrit. Ex. pal' et pantan, pat'a; napât et naptar
(nepos), çpân, çpan et çùn; hak'i, hak'an.— K'shap, k'shapan, nuit.
— dp et ap, eau. On a vu déjà zyà> (1) et zim, hiver (?); zâ> et zem,
terre. Pâd'a (pad'a) et pad (pad’ô, acc. plur.).
106. Il est enfin une quinzaine de mots en vare ou are dont la
plupart ont un thème correspondant en an, van, faisant an devant
une voyelle et ô devant hu du loc. plur. Parfois ils semblent employés
sans forme de flexion. Ex. ayare — ayân, jour.
Urut'ware — urut'wân (croissance ou intestins?) urut'wôhu, loc.
plur.
Karshvare — karshvân—karshvohu; kareshvar, division de la terre.
Mit'ware — mit'w an (couple), mit'wana, instr. sing.
T'anvare — t'anvân (arc), t'anvanâb, abl. id.
D’autres ont en outre un thème en a.
Ex. dasvare (don), zcc.dasvarem; baèvare (dix mille), dat. baèvarâi.
107. Quelques mots semblent prendre le nominatif pour thème
tant dans la déclinaison que dans la composition.
Ex. vâc, dat. plur. vâg'zhibyô (nom. vâk's); dp fait âwzhdânu.
108. Le zend a aussi des noms indéclinables. Ex. hû, soleil ;
hama, hiver; mûs' (sens inconnu). Beaucoup de noms propres, de
dévas principalement, sont traités comme tels ; il en est également
ainsi des noms de maladies. D’autres sont employés parfois sans forme
casuelle. Ex. vîdus, sachant (yôi vîdus, Yt. X, 16).
Souvent aussi il n’y a que négligence de l’auteur ou du copiste,
ou bien confusion des cas, tendance à supprimer les distinctions de
formes, et autres conséquences de la corruption et de la décomposi-
tion de la langue.
(i) Le thème de zyœ est contesté. D’autres prennent comme tel zyan (Cp.
£iwv). Mais alors l’accusatif zyâm est difficile à expliquer.
Nous rapprochons zœ de 77? et zem de ^apt,a(t), Awmws, jma. — yaûx. est
autre chose. Zem a aussi le thème zema d’où zem&fy et zemê (abl. loc.).


CHAPITRE IL
DES ADJECTIFS.
§ 1. Formation.
109. Les adjectifs suivent la déclinaison de leur radical, et chaque
genre, son type spécial.
Les féminins ont dû être à l’origine en â ou en î pour les radicaux
en a; en î, pour ceux en i et en û ou vî pour ceux en w. Mais ces
finales sont généralement devenues brèves. Les noms en in ont le
féminin même, en i bref, au nominatif. Les noms finissant en con-
sonne prennent i (avec épenthèse ordinairement) au féminin.
Ex. ag'a f. ag'a. ashavan f. ashaoni(asl
k'rûma » k'rûmi (a). maèkanfy » maèkainti.
dahma » dahmi. mas » masi.
âhûiri » âhûiri. srascenfy » srascihti.
peret 'u » peret'wi. barenf. » barehti.
drvafy » drvaiti. dâtar » dât'ri.
110. Les féminins des adjectifs en hu se déclinent ainsi
Ex. vahuhi fém. de vahhu.
Singulier. Pluriel.
Nom. vahuhî(i). vanuhîs’.
Acc. vahuhîm (vahhvim). vahuhîs.
Gén. vanhuycb. vahuhinâm.
Dat. vanhuyâi. vahuhibyô.
Abl. (beret'ryâfy) (I). vahuhibyô.
Loc. vahuhyô (?). vahuhishu (?), baret'rishva.
Instr. (vanuhya). vahuhibîs.
111. Le neutre des adjectifs est en em au nominatif du singulier
dans les radicaux en a; en i et en u dans ceux en i, u; en va, pour
ceux en van (Ex. asliavaï) ; en afy pour ceux en anfr; en us pour ceux
en vas (participe du parfait).
Tout le reste a été indiqué plus haut.
(i) Ceux en î primitif ont les mêmes suffixes et font à l’ablatif yâî?. Ainsi
fait beret'rî.


— 63 —
§ 2. Comparatifs et superlatifs.
112. Le zend a deux genres de suffixes pour exprimer ces relations,
comme le sanscrit et le grec.
1° Le premier est tara (ou tara) pour le comparatif (cp. lara, repos).
Tema pour le superlatif (tama, lat. timus).
Ils s’ajoutent au thème pur, transformé selon les règles : a en ô,
ahh en as; an et ahfy en as ou as; afr en as; cb(s) en as.
Quelquefois une voyelle ou une sifflante unit le radical au t du
suffixe; ou, si Ton veut, le nominatif est pris comme radical et un
nouveau thème amplifié, sert à former le dérivé.
Ex. çrîra (beau) fait çrîrôtara.
hubaoicl’i (odorant) fait hubaoicVitara.
veret'rajan (vainqueur) fait veret'rajâstara, veret'rajdstema.
huk'shat'ra (bon maître) fait huk'shat'rôtema.
raêvafy (brillant) fait raêvastema.
hucl’cv (sage) fait hud'âstema.
hud'ânu (sage) fait hud'ânustema.
vâret'rag'ni (vainqueur) fait vâret'rag'nyôtema (1).
Le thème est souvent le thème très faible.
2° Le second est, pour le comparatif, yâs, yas (nom. yâ>); pour le
superlatif, ista.
Devant ces suffixes, la finale du radical disparaît.
Ex. âsu (rapide), âsycv, âsis'ta (?).
aojanh (fort), aojyco, aojis’la.
bereza (élevé), barezista.
Parfois le radical est gouné devant yco. Ex. çtûi, comparatif
çtaoycb (çtaoiycb).
(i) Dire qu’un thème vàretfrag'nya a été formé pour ce superlatif, ou qu’un
a a été ajouté, c’est dire exactement la même chose; c’est du moins comme
cela que cette dernière explication doit être comprise. Il en est de même de
kshiwiishvatema dérivé de kf shvàioiislvu, au trait rapide. Formes exception-
nelles : dûraèdarstema formé de la rac. dares ou par apocope de duraèdars ta
voyant au loin (Voy. § 67); jag hnùs'tema (três-secourable) avec ù allongé.
Voururafnôstema p. nastema.


— 64 —
113. Les suffixes tara, tema s’ajoutent non seulement aux adjectifs,
aux participes (ex. uk'd'ôtema, ce qui a été le plus dit, récité, ou ce
qu’il y a de meilleur dans les prières) et aux adverbes (ex. fratara de
fra; nitema de ni); mais aussi à des substantifs; ils transforment
alors ceux-ci en adjectifs et indiquent la possession au plus haut
degré des qualités distinctives de l’être ou delà notion qu’ils désignent.
Ex. daèvdtema, le plus dévas des dévas; yaskôlema, la pire des
maladies; ces superlatifs sont employés généralement avec le sub-
stantif simple.
Ex. yaçkàm yaçkôtemô, la plus grande maladie des maladies.
On Müûve aussi le suffixe lara répété. Ex. fratarôtara, plus élevé
que ce qui était déjà élevé; le premier tara a perdu sa valeur.
114. Tara, tema et ista suivent la seconde déclinaison; le suffixe
yâs, fait ycb au nominatif sing. et plur. du masculin et s’amincit en
yahh (p. yas) aux autres cas; yahh devient yô, yêdevant b.
Ex. Nom. sing. kasycb, plus petit.
Dat. kasyahhê.
Gén. plur. kasyahhâm.
Nom. duel. — yahha.
113. Un h précédent devient nh et y tombe.
Ex. vahu (vanhu), fait vanhcb, vanhahhem, vanhanhâm.
Le neutre a yô (yas), au nom.-acc. sing.
Ex. vahu (vohu) fait vanhô (vahyô dans des citations des Gâthâs).
Le féminin prend i, ce qui donne régulièrement yèhi (yasi).
Ex. masyâ) (plus grand) ; fém. masyèhi. Vanhcb fait vahèhi (après
chute du y suivant h). Mais le masculin s’emploie parfois pour le
féminin.
116. Le comparatif se construit avec l’ablatif du second terme
comparé, seul ou uni à l’adjectif par la conjonction yat'a. Ex. ahmâfy
masyèhîm, plus grande que cela. Vend. II, 37.
Hubaoid'itarô anyaèibyô vâtaèibyô, plus odoriférant que les autres
vents. Yesht XXII, 7.
Jât'wôtara yat’a azhayô, plus meurtriers que des serpents. Vend.
XVIII, 129.


CHAPITRE IÏI.
DÉTERMINATIFS.
117. Les déterminatifs zends comme ceux du sanscrit, du latin et
du grec sont employés tantôt comme adjectifs, tantôt comme pro-
noms; les pronoms personnels seuls conservent toujours leur nature
propre. Les principaux déterminatifs sont :
§ 1. Démonstratifs.
118. Les radicaux formant des démonstratifs sont, ta (ha), a, i,
(aya, iya), ana, ima, ada, di, hi, hâu, celui-ci ; ava, aèta, celui-là (1).
119. Ta est le démonstratif le plus fréquemment employé, il prend
ha (sa) au nominatif masculin et féminin du singulier.
A se combine avec i, ima et ana; il prend à i la forme du nomi-
natif féminin (iyam), à ima, le nominatif neutre du singulier et plu-
sieurs cas directs.
Ava et aèta ont des formes assez complètes ; aèta (êta) prend aèsha
(êsha) au nominatif masculin et féminin du singulier.
120. Les autres déterminatifs n’ont que des formes sporadiques.
Aêm est le sanscrit nyam; le pronom annexe ou l’enclitique hma
(= sma) entre dans sa composition ainsi que dans celle de ta.
Ada, dont l’existence est contestée, n’a que l’instrumental du plu-
riel adâis. Hâu (cp. asâu) n’a que le nominatif masc. et fém. sing.
I, di et hi ont les quelques formes que l’on verra plus loin.
Hê, hôi enclitiques dérivent plutôt de ha. — Hê devient sê ou shê
après i. Ex. paiti sê. Voy. § 28.
121. Voici ces déclinaisons et ces formes; pour ta on n’en trouve
que quelques unes, mais aêta fournit les autres ; celles-ci sont mises
entre parenthèses.
(i) Il sera facile de retrouver les formes sanscrites correspondantes; il
suffit de substituer s à h, sya a hê final, sy à nh, é à aè, etc. Ex. hô, hâ, tafy
— sô, sâ, tat ; tahê = tasya; tahmâi, tarihâo = tasmâi, tasyâs; aèsha; = êsha
hîm = sîm, etc.
5


— 66 —
122. Rac. sa, ta. Rac. di. Rac. hi, i.
Sing. Masc. Neutre. Fém. Masc. Fém. N.
Nom. hô, ha, tafy hâ. his1 2, hî i$>.
Acc. tem, lafc tâm. dim (m. f.) dify hîm, hîm (im\
Gen. tahê (tahhâ)).
Dat. (lahmâi) (tanhâi). hôi (hê).
Abl. (tahmâfr) (tanhâfy).
Instr. Loc. tâ. (tahmi) (tahmya).
Nom. Pluriel. te, toi, taè-ca (n. tâ, tâ)) tâ) (2). hîs' î (?)
Acc. tâ (n. tâ, tâ)) tâ). dis', hîs' (îs) (4).
Gén. (taèshâm) (tâonhâm).
D.Abl. , taèibyô (tâbyô).
Instr. tais (tâbis).
Loc. (taèshu) (tâhu).
Duel.
Nom. Acc. tâ) (tâ), n. te (ta). hî î.
G. D. Abl. (taèibya) (tâbya).
123. Rad . aèsha. Rad . a, i, ima.
Sing. Masc. Fém. Masc. Fém.
Nom. aèsho (a) aèshâ (a) (1). aèm (3) îm.
Acc. aètern, aètâm. imem imam.
Gén. aètahê aêtayâ) (aètanhâ)). ana anhâ).
Dat. aètahmâi. ahmâi anhâi (ahvyâi).
Abl. aètahmâfr. ahmâfa (at?) anhâtp.
Inst. aeta, aêtaya. ahê (anhê) anhâ).
Loc. aètahmi. ahmi âya (aya).
(1) Neutre aètatp. (3) Neutre imatp.
(2) Tœçca. (4) îs' aux Gathâs.


— 67 —
Pluriel.
Masculin-Neutre. Masc. Fém.
Nom. aètê (1). imê (2) imâ).
Acc. aètê. imâ (ê) (2) ima).
Gén. aètaèshâm aètahhâm. aèshâm âmhârn.
D. Abl. aèibyô (aiwyô) âbyô (abyô).
Inst. âis (aèibis) (3) abis'.
Loc. aèlaèshva. aèshu (shva) âhva (âhu).
Duel.
Nom. ima.
Gén. Loc. aètayâ). ayâ) (4).
Instr. etc. âbya.
124. Rad. ava.
Sing. Masc. Fém. Plur. Masc. Fém.
Nom. -(S). avê (6) avâ).
Acc. aom avâm. avê, avâ) avâ),
Gén. avanhê avanheb. av aèshâm.
Abl. avanhâfr avâbyô.
Inst. ava. (avais).
§ 2. Interrogatifs, relatifs et indéfinis.
125. A. Interrogatifs. Le pronom interrogatif a les cinq radicaux
ka, ku, ca, ci, eu.
(1) Neutre aèteo, aèta, aètê (?).
(2) N. imcb, ima. F. imœse devant t.
(3) Aussi anâis de ana.
(4) Aussi anayœ.
(5) Neutre; nom. acc. aom, avat?. — Hâu (asâu?) appartient à une autre
souche.
(e) N. nom. acc. avœ, ava.


— 68 —
Ka a au nominatif singulier ko (ké), kâ, kaf et se décline comme
ha excepté à l’instrumental du singulier masculin et neutre qui fait
kana ou kâ et au gén. plur. qui lait kâm. Le nom. pl. a kôi et kaya.
Il a quelquefois le sens du relatif.
Ci au nom. sg. cis’ n. ci(>, cim.
ace. sg. cîm, cim cîm, cim.
nom. pl. cayô, ci, cî (cica).
Cify forme une enclitique interrogative et indéfinie; cica est indéfini.
Ca a au nom. neutre ca$, au dat. cahmâi, au gén. cahya (Gâthâs).
Cu a l’instrumental cû, comment?
Cvaïïfr (ci-vaht?), combien grand? quel?est régulier et peu employé.
Katâra ou katara, lequel des deux (katara, uter, xorepoç) est dans
le même cas.
Caiti, combien, est indéclinable (Gp. kiyat, quot).
126. B. Relatifs. Le relatif simple est ya (ya-o).
Ya se décline comme ka; mais par suite des lois connues il a au
génitif singulier, yènhê (et yèhê} pour le masculin, yènhco pour le
féminin; à l’ablatif féminin yènhâfy, yènhâcVa.
L'accus. masculin passe de yem à yim. Le génitif du pluriel fémin.
est yconhâm.
Le radical hya donne le neutre hyafy (scr. syat) qui sert comme
relatif et démonstratif-relatif, à l’égal de quod.
Le relatif ya a aussi fréquemment cette dernière valeur. Ex. moi
ycb gaèt'cb, illi qui mihi mundi; azem yô Ahurô, moi qui (suis) Ahu-
ra; yô et yafy s’emploient parfois pour toutes les autres formes.
Yatâra, qui des deux, yavahfy, quantus, répondent à atâra, katâra;
avant? (aètavaht?), cvan$.
127. C. Indéfinis. Ils comprennent des démonstratifs : avant?,
iyanfy, tel ; havaht?, aussi grand ; aètavanfy, avavanfy, avacina, tant,
tantus.
Kascit?, chacun, quelconque, ne décline que ka. Naèci, navaci,
aucun, personne, se décline par cis.
Nana, quelques-uns (scr. nânâ) est indécl.
&t> et cica ajoutés à d’autres pronoms, leur donnent un sens indé-
terminé.


— 69 —
Y a suivi de ka, de kaçcit ou de cica devient indéfini.
128. Enfin il est un certain nombre d’adjectifs pronominaux dont
les uns suivent la déclinaison pronominale, ou ont du moins le nom.
du pluriel masc. en ê, les autres prennent les flexions des noms en a.
lère catégorie. Vîspa, tout, omnis;ant/a (anyaj, autre; n. anyafy;
haurva (sarva), tout, totus; n. haurum. Ce dernier semble avoir au
pluriel acc. haurva.
2me catégorie. Ces mots sont généralement formés de prépositions
ou d’adverbes.
ad 'ara inférieur. ustema, dernier, ultimus.
aiïtara, intérieur. upama, extrême.
apara, autre, ultérieur, fratara, plus avancé.
upara, supérieur. fratema, le plus avancé, le plus élevé, etc.
§ 3. Noms de nombres.
129. A. NOMBRES CARDINAUX.
1. aèva.
2. dva.
3. t'ri (f. tishar).
4. cat'war, catur
3. pancan.
6. k'shvas.
7. haptan.
8. as'tan.
9. navan.
10. dasan.
200. duyèsaitê.
300. tisharôsata.
400. cat'wârôsata
11.
12.
13.
14.
aèva-dasan.
dva —
t'ri —
cat'ru —
13. pahca —
16. k'shvas—
hapta —
as ta —
navadasan.
800.
1000.
10000.
20. vîsaiti (d perdu).
30. t'risata ou t'visas.
40. cat'waresata.
30. pancâsata.
60. k'shvas’ti.
70. haptâiti.
80. astâili.
90. navaiti.
100. satem.
as tas ata.
hazahrem (sahasra).
baèvare.
130. B. NOMBRES ORDINAUX.
1er fratema, paoirya. 3e puk'd'a.
2e bitya. 6e k'stva.
3e t'ritya. 7e haptat'a.
4e tûirya. 8e astema.


— 70 —
9e naoma. 12e dvadasa, etc. sans suffixe.
10e dasema. 20e vîsâstema.
11e aèvadasa. 30e t'risata, etc.
Satôtema et hazahrôtema signifie le plus grand nombre de cen-
taines ou milliers possible plutôt que centième, millième.
C. DÉCLINAISON DES NOMS DE NOMBRES.
131. Aèva fait au sing. nom. aèvô, m.; aèva, f.; ôyum, n.
ôyum se contracte même en ôim ; on trouve pour l’instrumental
féminin ôyâ que l’on considère comme venant de ava (avaya, aoyâ,
ôyâ) ; le reste est régulier. On peut aussi faire dériver ce mot de
ayâ soit par imitation de ôyûm, soit par l’assombrissement fréquent
dans les Gâthas, ou bien le rapporter au thème aèva; ce qui toute-
fois n’est pas nécessaire mais explique plus naturellement la chose.
132. Dva a au nom. acc. dva, m.; duyê(i), f. n.; et quelquefois
va pour dva; le gén. est dvaycû; le datif, ablatif, instrumental
dvaèibya, vaèibya.
Il y a en outre la forme vaya, nom.; vaycv (gén.), vayaèibya (dat.-
abl.) qui peut venir de la première par la suppression du d (comp.
va et vîsaiti) ou de uvaya (-\- ubhaya).
On emploie encore pour le nom. acc. uyê (= ubhê, ambo) tous
deux et vaèm (= vayam, dvayam), qui signifie plutôt couple.
133. T'ri a au nom. t'râyô, gén. t'rayâm; acc. t'râyô t'ryô9 dat.
abl. t'ribyô.
Le féminin fait au nom. ac. tisharô, tishrô; gén. tishrâm, tishranâm.
Tisharô sert aussi aux autres genres.
134. Cat'ware a au nom. acc. cat'wârô.
Pancan et autres en an ont le nom. acc. en a et parfois un génitif
en anâm. Ex. pahca, pancanâm.
Les nombres en i (hormis vîsaitil) ont un accusatif en îm. Ex.
haptâitîm.
Ils désignent aussi les dizaines; une centaine se dit saiti.
Sata fait au nom. acc. satem(sg.); sata (pl.); saitê (du.); au loc.
sing. satê; à l’instr. plur. satâis.
(i) Duyê est formé comme sruyê, mruyê et ne vient pas de dvaya.


— 71 —
Dans les dizaines il fait safy devant bîs. Ex. pancasafcbîs.
Hazanra se décline comme un neutre en a (em).
Baèvare a au dat. sing. baèvarâi, à l’instr. pl. baèvarebis. Le nom.
acc. fait aussi baèvàn; au plur. baèvanô (en comp. baèvflra).
138. Les nombres ordinaux suivent la déclinaison de leurs radi-
caux.
136. L’Avesta a aussi des termes spéciaux pour désigner certains
nombres de fois et certaines fractions.
Ex. t’rivanfy triple, qui a lieu 3 fois.
tûra, quadruple?
k’shvîda, sextuple.
haptait'ivanfr, septuple (1).
t'rishva, un tiers.
cat 'rushva, un quart, un côté
d’un carré (cat'rusha côté, id.).
pantanha, un cinquième.
Pour : me deuxième fois, une j
t'rilîm (acc. sg. n.) avec préfixe â; <
perdue (1? p. d) : âfybitîm p. âdvilr
hakerefy, une fois, en une fois.
bis, deux fois.
t 'ris', t'rizhvafy, trois fois.
cat'rus, quatre lois.
k'shvazhaya, six fois.
nâumaya, navasa, neuf fois.
t'risatat'wem, trente fois.
bizhvafy, deux fois autant.
t 'rizhvajp, trois fois autant.
'oisième fois, on emploie bilîm,
ans ce cas bitîm reprend l’initiale
i; ât'ritîm.
CHAPITRE IV.
PRONOMS PERSONNELS ET POSSESSIFS.
§ 1. Pronoms personnels.
137. Les pronoms personnels des deux premières personnes ont
en zend les mêmes radicaux qu’en sanscrit; au singulier, azem (=
(î) On trouvera au Yesht X, 116, d’autres exemples du suffixe vafy après les
formes en i. Tirisata fait tlrisatlwa1p et de même les formes en ta.


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aham, eyœv), est le nominatif de la première pers.; ma est le radical
des autres cas. La deuxième pers. a partout le radical tva avec les
modifications exigées par les lois de la langue. Tvam = tûm ; tv de-
vient t'w, etc.
Au pluriel le nominatif est vaèm (= vayam), première personne;
yûzhem (= yûyam), deuxième pers.; les autres cas ont pour radical
a-hma (= asma), première pers.; yûshma de yûs'-hma, deuxième
pers.; celle-ci a en outre la forme abrégée k'shma p. shma, après
la chute de yû.
138. On trouve aussi les enclitiques ma, me; Vwâ, tê; ncb, nô, né;
vâ), vô, vé. L’usage en a même été étendu à d’autres cas que ceux
indiqués dans le tableau, par abus de langage.
139. hvâvôya, forme développée de lwa, sert aussi comme expres-
sion de l’action réfléchie, pour les trois personnes.
lère personne. 2e personne. Singulier.
Nom. azem. tûm (tû, tu?).
Acc. mâm, ma. t'wâm, thvâ.
Gén. mana. tava.
Dat. maibyô (1). taibyô.
Abl. (mafr). t'walp.
Inst. t'wâ.
Loc. (moi). (t'wôi, toi).
Enclit. me, moi (gén. et dat.). lé, toi (gén., dat.).
Duel.
N. Acc. nœ (encl.). vâ) (encl.).
Gén. yavâkem.
Pluriel.
Nom. vaèm. yûzhem (k’shmâ).
Acc. (ahma). Gén. (ahmâkem). yûshmdkem (k'shmâkem).
(i) Forme secondaire : mâvôya, mâvaya.


— 73 —
Dat. (ahmaïbya, ahmâi). yïishmaibya (1) (k'shmaibya (2).
Abl. (ahmafr). yuslimafr (k'shmab).
Inst. (3). (k'shmâ).
Encl. nâ>(i:},nô,né acc., dat., gén. vâ>, vo, vé (acc., dat., gén.).
140. Pour la troisième personne on se sert de démonstratifs.
Le radical hi cependant et les formes hê, hôi, semblent appartenir
aux pronoms personnels aussi bien qu’aux démonstratifs.
Les pronoms personnels sont souvent employés emphatiquement
comme en grec et en français, comme dans la phrase : laisse moi
tous tes livres.
§ 2. Pronoms réfléchis et possessifs.
141. a) Le pronom réfléchi a le radical sva qui donne en zend hva
et hva, mais, dans l’Avesta, n’a en réalité que la forme hvatô (svatas)
qui est un adverbe et non un ablatif. Ilva et hva ne sont à proprement
parler que des possessifs. Le nominatif hvô est aussi démonstratif.
Hva donne au masc. : nom. sing. hvô; duel, hva et au fém. : sing.
nom. hva; acc. hvâm; instr. hva; gén. huycb.
Hva a pour formes : sing. Nom. hvô, masc.
Gén.
Dat.
Instr.
Loc.
plur. Instr.
hvahê, masc. neut.
hvâi.
hvâ.
hvahmi.
hvâis.
Loc. hvaèshu.
Au fém. sing. il a : Nom. hvê; gén. hvahvyâ>; dat. hvahvyâi.
142. Hva et hva forment de nombreux composés, dans lesquels
Va final s’allonge fréquemment. Ex. hvâvâstra, qui a son propre vê-
tement.
(1) Forme secondaire : yûshmaoyô (pr. -mavayô).
(2) Forme secondaire : k 'shmâvôya. Les autres en h 'sh ne se rencontrent
que dans les Gâthâs, mais l’emploi de k 'shmâvôya indique que ce genre de
forme était commun aux deux dialectes.
(3) Peut-être ahma, cp. Yç. 42, 10.
(4) Nâ>. Nqj. Y. XVI, 8, etc.


— 74
Ils semblent être à l’instrumental et signifier par soi.
Il y a en outre une forme développée hava, qui est régulière et qui
donne aussi au féminin haoyâi, dat. sing.; haoycv, gén. sing. (hao
p. hava)-, puis une autre forme qui sert aux dérivés et composés :
hvaè (svaya). Ex. hvaèta, parenté.
143. p) Les pronoms possessifs proprement dits sont :
Ma, mavaèVa (Ie pers.); Vwa (2e pers.) ; pour le singulier.
Na, ahmâka (asmâka) et ahma (?) (Ie pers.); yûshmâka et k'shmâ-
ka (contraction) (2e pers.), pour le pluriel.
Hvanfc sert pour la 3e pers.; ainsi que hvâvôya, sorte d’instrumen-
tal dérivé de hva.
Ma, Vwa suivent la déclinaison pronominale de ha, ka, etc.
Il y a en outre des possessifs enwzn#; mavahfy, Vvâvanfr, yûshmâ-
vaht?, signifiant aussi : tel que moi, tel que toi, tel que vous (compa-
rez le suffixe sanscrit vat).


LIVRE III.
SECTION II. — CONJUGAISON.
§ 1. Temps, modes et voix.
144. Les verbes ont, dans l’Avesta, les memes voix, temps, modes
et nombres que les verbes grecs et sanscrits.
L’actif et le passif ont la même valeur que ceux des autres langues
aryaques. Le moyen indique l’action réfléchie, ou réciproque, ou
exercée en faveur de l’agent lui-même ou simplement intransitive.
Souvent aussi il s’échange avec l’actif et équivaut à celui ci. Quelques
verbes n’ont que la voix moyenne.
On verra plus loin le mode de formation du passif.
145. Les modes personnels employés dans l’Avesta sont l’indicatif,
l’impératif, le subjonctif et le potentiel. On croit y trouver le condi-
tionnel, mais sans preuve suffisante.
Les temps grammaticaux dûment constatés sont : le présent, l’im-
parfait, le parfait, l’aoriste simple et composé, et le futur.
146. L’indicatif de l’imparfait et de l’aoriste semble employé pure-
ment et simplement comme subjonctif; mais ces formes différaient à
l’origine par la perte de l’augment que subissaient les seconds; perte
devenue impossible par la chute totale ou presque totale de l’aug-
ment éranique. Les deux formes se confondirent de la sorte.
147. Les temps se divisent aussi en temps généraux et temps spé-
ciaux ; ces derniers sont le présent et l’imparfait. Ils se distinguent,
comme en sanscrit et en grec, par les suffixes qui viennent s’ajouter
à la racine, ou par les modifications que celle-ci subit; suffixes et
changements qui sont étrangers aux autres temps.
§ 2. Radicaux et classes.
148. Les suffixes ajoutés à la racine et les modifications de celle-ci
sont de dix espèces et constituent dix classes de radicaux ou de


— 76
verbes. La huitième classe cependant n’existe pas proprement. Il n’y
a que des radicaux en nô, mais quelques uns ayant un thème ter-
miné par n (ex. in, çpari), il est mieux de conserver cette classe et
les numéros adoptés dans les grammaires sanscrites.
La neuvième classe a nâ aux formes fortes et na aux formes faibles.
Mais nâ s’affaiblit aussi en na. Ex. frînaiti, miVnatu.
449. Les dix classes se caractérisent ainsi :
Ie cl. — Racine gounée + a. 6e cl. — Racine + a.
2e cl. — Rac. pure gounée ou non. 7e cl. — Racine et na, n inséré.
3e cl. — Rac. redoublée id. 8e cl. — Racine -(- u, ao (gouna).
4e cl. — Racine + ya. 9e cl. — Racine + na, nâ.
3e cl. — Rac. nu, nao (gouna). 10e cl. — Racine gounée + aya.
Le gouna s’applique à i et u finaux ou suivis d’une seule consonne.
Les classes verbales peuvent se répartir de la manière suivante :
1. Racine pure, seule ou avec l’adjonction du suffixe a (cl. 2, 1, 6).
2. — gounée, id. (cl. 2 et 1).
3. — redoublée, gounée ou non (cl. 3 et intens.j.
4. — nasalisée, na ou n inséré avant la consonne finale (cl. 7).
3. — pure et suffixe nô (nu) ou nâ (na) (cl. 3 et 9).
6. — pure, suffixe ya (cl. 4 et passif).
7. — pure ou gounée et suffixe aya (cl. 10).
130. Exemples :
1. Ahmi (r. as), être, vasemi (r. vas), vouloir (usmahi).
Barâmi (r. bar), porter, peresâmi (r. pereç, preh), demander.
2. a) Staomi (r. çtu), louer, mraomi (r. mm), parler, saètê (r. çî),
gire.
(3) Bavaiti (r. bû), devenir, nayèiti (nî), conduire, raod'aiti (rud),
grandir.
3. a) Cikaya (r. ki, considérer), jag'nenli (r. jan = ÿ'an tuer), his-
mar (smar, memorari), zîzan (r. jan, gignere), dadâ (dare),.histâ
(= stare).
P) Zaozaomi (r. zu), invoquer (intensif).
4. Cinahmi (r. cis), donner, obtenir; irinak'ti (y.iric), blesser;
cinasti (r. cit), procurer. Il est en outre quelques verbes qui ont une
nasale ajoutée à l’intérieur de la racine tout en prenant un rad. en â.


— Tl —
Ex. vindâmi (r. vid), trouver; kerenfy (r. kr#), couper; bunj (r. buj),
effacer, purifier; verent? (r. vrJ), se tourner. La forme vînasti est rap-
portée à vid (p. vînadtï), mais elle peut aussi bien appartenir à vînas.
5. a) Kerenaomi (r. kere), faire; — avec u seul : vanao, vanuyâfy
(r. Van), frapper.
p) Frînâmi (r. prî), aimer; perenâmi (r. pere), remplir.
6. Verezyâmi (verez, faire); jaid'yèmi (p. d'yâmi, r. jad), prier.
Passif : uszayèintê, 3e p. pl. prés, de us zan, engendrer; nid'ayèitê,
ponitur, sing. id. de d'd; kiryèitê, il est fait, de ker.
7. Dénominatifs et causatifs en aya : srâvayâmi (r. çru, entendre).
8. On peut encore distinguer les suffixes s du désidératif, et 5
(= cch, sc), de Pinchoatif qui prennent un radical en a (lre classe).
Vx.jasa (=gaccha, (3à rek’sa (merec, tuer), désirer tuer ; jîjisha (ji, vivre), désirer vivre.
Le suffixe sa n’a souvent qu’une valeur très affaiblie et presque
insaisissable. Ex. gerefsha de gereiv, saisir, etc.
151. Tous ces radicaux, toutes ces classes peuvent se diviser en
deux conjugaisons : celle des radicaux finissant en a et celle de tous
les autres radicaux.
Plusieurs verbes conjugués selon la deuxième conjugaison ont
reçu un radical en a qui les classe également dans la première. Il en
est de ceci comme de la déclinaison.
§ 3. Formes personnelles.
152. Les formes personnelles sont à peu près les mêmes que celles
du sanscrit. Les transformations qu’elles subissent dépendent en
général des lois de la langue. Ex. si devient hi, shi; ti devient iti
par épenthèse; as devient ô; am se transforme en em; sva en hva;
nhva en huha; dhvam en d’vem (dûm); dhvê en dfuê (duyê).
153. Quelques formes sont plus archaïques que les formes corres-
pondantes du sanscrit. Ex. mahi (s. mas) lie pers. plur. ; vaidi (vas)
Ie pers. duel ; sa (sanscr. thâs), 2e pers. sing. des formes secondaires
du moyen; ar ou ares (au lieu de us), aux 3es personnes du pluriel
du parfait; et ân (p. are) à la même forme du potentiel actif. Cetân
même peut être primitif.


— 78 —
L’avestique a pour la 3e pers. du pluriel du potentiel, yâre à l’actif
et yâris au moyen.
154. Ces formes et la finale des radicaux à laquelle elles sont
jointes, subissent des modifications qui varient selon que le radical
est terminé ou non par a.
L’a du radical s’allonge, en règle, devant m et v. Ex. bara, barâ-
mi, barâva; mais l’allongement est souvent négligé. Cet â devient è
après y, selon les règles.
Le mi de la première personne du sing. tombe souvent et ne laisse
que â au radical. Ex. peresâ (de peresâmi). Le h de la seconde le
fait également; le suffixe âhi devient âi au subjonctif.
155. L’impératif a quelques formes spéciales : dfi, hva, 2e pers.
sing. ; Zu, tàm, antu, antâm, 3e pers. sing. et plur. (1).
A la Ie pers. du sing. de l’impératif actif, les radicaux en a perdent
le suffixe d!i; la neuvième classe ne l’a pas davantage. Ex. perena,
remplis.
156. L’imparfait se forme par l’emploi des flexions secondaires.
L’augment n’existe probablement plus. Les rares exemples que l’on
cite s’expliquent aussi par une abréviation du préfixe d. Ex. apereçafy,
abavafy (bu), adavata (du). Comp. ashayèiti etc.
157. L’Avesta ne fournit pas des exemples pour toutes les formes.
On ne peut supposer et créer celles qui y manquent.
Voici le tableau général des suffixes personnels et des flexions des
temps spéciaux d’un verbe de la première conjugaison, dont l’Avesta
fournit des exemples. On y a adjoint celles du parfait, parce que
seules elles diffèrent de celles des temps spéciaux et que l’on peut
former ainsi un paradigme complet (Voir le tableau ci-joint).
(i) Les formes dm, ânê sont tenues maintenant pour des premières pers.
du subjonctif. Mais alors on a double forme au moyen : ânê et âi.
Formes principales :
Ie pers. mi â — mi, im. â, o, co. mahi = masi, mus, peç.
2e hi, shi — si, s, tç. t'a = tha, te, tis, Te.
3e ti = ti, t, ex. enti = anti, unt, OVTt,
Formes SECONDAIRES .*
Ie pers. m. , (m) = am am, ov. ma = ma, mus, p.eu.
2e s = S, ç. ta = ta, te, te.
3e t = i, W. en = an, unt, o>.


— 79 —
PRÉSENT. INDICATIF. ACTIF. IMPARFAIT. IMPÉRATIF.
1. mi (â). Singulier. 1. em (m). âni (?).
2. hi, shi, i. 2. s’ (Ô). a, d'i, di (après z).
3. ti (1). 3. tu (tât>).
1. mahi. Pluriel. 1. ma. âma.
2. Va (ta). 2. ta. ta.
3. enti (aussi anti, 3. en (in) (3). (a, e) ntu.
inli, ainti, einti) (2). 1. vahi. Duel. 1. va. âva.
2. ~ 2. — —
3. tô, t'ô. 3. tem. tem.
1. ê. MOYEN. Singulier. 1. ê, ôi (Ie conj.). ânê (?).
2. hê (hhê), shê. 2. nha, s’a, sha. hva, nuha, shva.
3. tê. 3. ta. tâm.
1. maid'ê (maidê). Pluriel. 1. maid'ê (maidê).
2. dvê (duyê). 2. d'wem (dûm). d'wem (dûm, zdùm).
3. ntê (ahtê, ente, 3. (a, e) nta. (a, e), ntâm.
etc. comme à l’act.). 1. — 2. — (t'ê). 3. ôit'ê, tê. Duel. 1. vaid'i, vaidifi). 2. — (t'ê). 3. ôit'ê (!).
(1) Iti par épenthése.
(2) Quelquefois aussi œhti, quand la racine finit par â. Ex. vœhti (vâ).
(3) In principalement pour yen; aon ou âun p. aven.


— 80 —
INDICATIF.
ACTIF.
PRÉSENT. IMPARFAIT. IMPÉRATIF.
Singulier.
barâmi, peresâ*. barem (4). barâni, t'ahjayêni.
peresahi, hafshi. barô. bar a (dazdi).
baraiti, nayèiti. barafy. baratu.
Pluriel.
barâmahi. barâma. barâma.
(barat'a) sta (1). (bar ata). jasata.
barenti (2). bar en (tacin). barentu.
Duel.
(usvahi). jvâva (?).
baratô (stô). 1 avâtem. | taurvayatem. jasatem.
MOYEN.
Singulier.
bairê. aperesê. yazânê.
barahê, vashahhê. zayàhha (8). yazahuha, dasva.
yazaitê, k'shayèitê. barata. (yazatâm) (7).
Pluriel.
barâmaidê (3). barâmaidê.
(dîdrag 'zhôduyê). (barad'wem). vârayad’wem,t'râzdûm.
barentê. yazehta, mainyanta, jasentâm.
dâunta (p. davanta).
Duel.
(baravaidê). (duvaidi) (6).
içôit'ê, jamaêtê, parehrâit'ê. (zayôit'ê).
(i) De ah, être. (5) (Ava) mairyanha.
(e) Tacinti, jvainti. (g) De du, dire.
(3) Mrûmaid ’ê, yazamaidê. (i) Dyâtàm (passif). (4) Baom, zbaém de bavem, zbayem. (*) Voir page 82, note 2.